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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 07:10

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Comme en Chine, on distingue, par ailleurs, plusieurs cuisines vietnamiennes : la cuisine du Nord, la cuisine du Sud, la cuisine impériale ou de Hué, la cuisine du delta, la cuisine des hauts plateaux…et la cuisine vietnamienne d'Outre-mer. La cuisine franco-sino-vietnamienne telle qu'on la consomme à Paris et dans la plupart des grandes villes de France fait souvent partie de cette dernière catégorie qui a parfaitement su s'adapter au goût et aux habitudes locales.

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Quoique de nos jours la France en sus de sa cuisine nationale peut s'enorgueillir de posséder sur son territoire, et particulièrement à Paris,  les meilleurs restaurants vietnamiens du monde. Le seul ennui c'est que les Français ne le savent pas encore. La volonté de certains connaisseurs à poussé les vietnamiens eux même à faire découvrir les vraies recettes de base.

cambodge2-6943.JPGOn nous sert de l'anguille


On mange donc mieux vietnamien à Paris, Nice, Bordeaux, Lille, Strasbourg qu'à Hanoï, Vihn ou Nha Trang mais on persiste, par principe, à prétendre " aller dîner chinois ". Pour une immense majorité de nos contemporains la " cuisine chinoise " se caractérise donc par ses pâtés impériaux, ses rouleaux de printemps, ses beignets de crevettes, son porc au caramel, son poulet aux amandes, son canard aux ananas et ses bananes flambées. Qui sont tous des plats vietnamiens ou issus de la cuisine vietnamienne lorsqu'elle est adaptée à nos palais.

cambodge2-7195.JPGIl y a donc de très fortes chances pour que le " petit chinois du coin " soit, en réalité un vietnamien tout à fait bon teint et que, par conséquence, la cuisine chinoise qu'il propose ait une forte tendance indochinoise ou cochinchinoise...sinon tonkinoise. N'en déplaise au colonel Sylvester de la World Company.

cambodge2-7213.JPGLa Chine et le Vietnam, bien qu'ayant entretenu de par le passé des relations historiques étroites, ne cohabitent gastronomiquement que pour mieux tromper le gogo facile à abuser qu'est le parisien en goguette. Il existe, en effet, autant de différence entre la cuisine chinoise et la cuisine vietnamienne qu'entre une Suédoise et une Gitane d'Andalousie (veuillez noter que je n’ai pas mentionné la Niçoise, celle-ci est hors concours). De même qu'il existe autant de différence entre la cuisine Vietnamienne du Nord et celle du Sud qu'entre la cuisine Lilloise et la cuisine Provençale. Mais ceci demeure bien évidemment un secret d'état qu'il convient de ne pas trahir.

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Mais qu'un petit pays qui ait pu vaincre les deux plus puissantes armées du monde en se nourrissant exclusivement de riz arrosé de jus de poisson pourri puisse nous en remontrer sur le plan de la gastronomie est dur à avaler (La aussi, la cuisine niçoise est hors concours).

cambodge2-7626.JPGLa cuisine vietnamienne se doit donc de demeurer une espèce de sous cuisine chinoise simplifiée, donc améliorée, et adaptée à nos palais civilisés et au rosé de Provence glacé. La cohabitation franco-sino-vietnamienne trouvant son aboutissement suprême dans l'alliance duponesque de l'apéritif maison constitué, comme il se doit sur tout l'hexagone, de pastis local, de jus de litchi et d'alcool de rose avec une touche de grenadine. Les Vietnamiens doivent bien se marrer !

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Proche de la Chine, mais également du Laos, le Nord Vietnam ou l'ancien Tonkin offre une cuisine plus sage mais également plus riche, dans le sens  nourrissante, que celle du Sud.  Elle utilise volontiers la friture dans l'huile végétale ou dans la graisse animale, la sauce noire de soja, la pâte de soja fermentée, les pâtes et nouilles de blé nature(Mi) ou aux œufs (Soi)...donc blanches ou jaunes, cette pâte de blé se retrouve dans la confection de nombreux farcis ou raviolis. On y apprécie particulièrement la viande de bœuf bien que cet animal pendant des millénaires ait été considéré comme un compagnon de travail. On y aime également la volaille et plus particulièrement le poulet bien que le canard dit de Pékin soit apprécié lorsqu'il est laqué.

cambodge2-7634.JPGLa specialité de ce restaurant: le serpent


Cette laque vietnamienne contenant les " Cinq épices " ou " Cinq Parfums " (anis étoilé ou badiane, cannelle, fenouil, girofle et poivre du Setchuan), du miel, de la sauce de soja est plus parfumée que la laque chinoise.

cambodge2-7636.JPGpetits verres de sang du serpent et le verre de glandes à venin. A boire cul sec ! c'est ce que j'ai fait.


L'une des grandes spécialités populaires demeure le Pho (prononcer Fe(u) ou F'eo), un bouillon de pot au feu clair mais parfumé agrémenté de pâtes de riz que l'on verse sur de très fines tranches de bœuf et des rondelles d'oignon cru. Ce potage peut également comporter des boulettes de porc, de poisson ou de crevette, des tripes, du jarret de bœuf ou de veau...et est servi avec des germes de soja et des herbes aromatiques comme la menthe (Rau Tom), la coriandre (Rau Ngo), le basilic (Hung Que), la ciboule (Hanh La), la roquette vietnamienne (Ngo Gai) sans oublier l'ail frais (Toi) et l'ail frit (Sac Toi).

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  Mais, le véritable secret d'un Pho réussi demeure dans l'adjonction de quelques gouttes d'essence de mangdana. Il s'agit de la sécrétion parfumée, à forte odeur de poire blette, d'une sorte de blatte de rivière, autrement dit d'un cafard lacustre.

cambodge2-7638.JPGun morceau de serpent dans mon bol


La cuisine du Sud, ou anciennement cochinchinoise, joue quant à elle sur les saveurs et les couleurs de multiples produits presque tropicaux.  On ne mange pas, comme dans le nord, pour se nourrir mais réellement pour le plaisir des yeux, du nez et des papilles. La diversité des légumes, des fruits, des herbes aromatiques, des épices est telle que le moindre repas est une fête et qu'avec trois fois rien la ménagère Saïgonnaise prépare en un rien de temps une table étonnante.

cambodge2-7693.JPGC'est une cuisine dont le condiment principal est le Nuoc Mam, une sauce d'anchois ou saumure de poisson, s’apparentant au garum* des anciens Latins, sous ses diverses variétés toutes plus parfumées les unes que les autres ainsi que les pâtes fermentées de poisson , de crevettes, de crabes apportent une touche inimitable aux mille et une recettes où l'on fait grand usage d'ananas, de lait de coco, de cannes à sucre, de papaye.
cambodge2-7689.JPG*Le garum est à l'origine du pissalat, élaboré à partir de sardines et d'anchois, consommé dans la région de Nice ou de celle de la cote vermeille du pays catalan. Des cuisines qui ont du gout !  Tiens, comme c'est étrange ! La bonne cuisine du sud ....

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  **je vous propose maintenant l’expérience d’un repas de serpent que j'ai pu tester dans un restaurant vietnamien. Le sang de l’animal est recueilli dans un verre, puis est extrait le liquide provenant du foie dans un autre récipient. Le sang et la bile sont répartis dans des verres de service et sont mélangés avec un alcool fort de votre choix. Ici, la vodka vietnamienne est tout indiquée.

cambodge2-7695.JPGVient ensuite le cocktail de foie et les glandes à venin. Mais attention messieurs, il est à noter que ces mixtures ont apparemment des vertues aphrodisiaques explosives. Je n’ai cependant pas été en mesure de détecter un effet perceptible. Il faut savoir que le serpent est un animal signe de force au Vietnam. Grillée aux petits oignons et aux mini-mais, la viande du serpent est un peu élastique, le goût est différent du poisson ou de la viande, c’est parfumé et assez bon mais, je ne ferai pas des kilomètres pour en manger. Cette expérience gastronomique me suffira amplement !

 

                                    DIAPORAMA CUISINE


 
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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 07:30

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Aujourd’hui, j’arpente la ville, découvrant les surprises que me réserve Saigon. Dix millions d’habitants, plus de quatre millions de scooters, quelques voitures et camions. La ville donne une image très dynamique, une fourmilière interrompue qui grouille de partout. C'est impressionnant !

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En souvenir de la colonisation française, de beaux monuments comme la poste (extraordinairement belle), l’hôtel de ville, l’opéra, les “Champs Elysées”, l’hôtel continental, le palais de la réunification. De 1975 au début des années 90, Saigon s’est immobilisée (a même régressé) sous le poids du régime communiste. Débridée lors de l’ouverture du pays, c’est elle qui cimente l’économie, soutenue par une population heureuse de pouvoir enfin donner libre cours à son dynamisme. Pour témoins, les nombreuses grandes tours modernes en verre ou autre qui parsèment son ciel.

cambodge2-7742.JPG La statue de notre dame qui pleura en 2005

 

Avec Soso on prend une grande décision: aller à la poste de Saigon. Pour moi cela représente un mythe. Comment pourrais je zapper cet endroit, je m'en voudrais ensuite toute ma vie. La poste de Saigon pour un ancien postier est une légende ! On arrive donc à la poste centrale, magnifique bâtiment jaune avec de très hauts plafonds (on dirait une gare), des cartes de Saïgon peintes style “ancien” sur les murs, le portrait géant d’Ho Chi Minh, de grands ventilateurs, des bancs en bois et… des guichetières qui parlent français.

cambodge2-7797.JPGL'architecture de la poste est en harmonie avec son environnement. La charpente métallique fut conçue par Gustave Eiffel. Bref, une poste dans un ancien bâtiment colonial qui semble avoir peu bougé depuis. J'en suis tout ému au point d'avoir la larme à l'œil !

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  En face de la poste se trouve la cathédrale "Notre Dame de Saigon". Nous n'avons plus qu'a traverser pour admirer cet édifice imposant. En août 1876 le Gouverneur de la Cochinchine Dupré organisa un concours pour déterminer l'architecture de la cathédrale Notre-Dame. L'objectif était double: fournir aux missions coloniales un lieu de culte, mais aussi de montrer aux vietnamiens la force, par l'architecture, de la civilisation française.

cambodge2-7764.JPGLe projet de l’architecte Jules Bourad était basé sur le modèle de la cathédrale Notre-Dame de Paris mais inférieur par sa taille avec un style roman revisité et un style gothique. Tous les matériaux de construction furent importés de France. En particulier, l'extérieur de l'ouvrage formé de briques fabriquées à Marseille, sans revêtement, il a conservé sa couleur d'origine d'un rose brillant, avec ses 93m de long, 35,5m de large et 57m de haut (du sol au sommet du clocher).

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En 1895 deux clochers furent ajoutés à la cathédrale, chacune haute de 57.6 m comprenant 6 cloches de bronze pour un poids total de 28 tonnes, fabriquées en France. Les croix furent installées en haut de chaque tour, elles mesurent 3.5 m de haut, 2 m de large, pour 600 kilogrammes. A la fin du XIXe siècle, l'édifice symbolisait le plus bel ouvrage de l'Indochine française, plus précisément de l’Union indochinoise.

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Enfin, c'est en 1959 que la statue de la Vierge a été érigée devant la cathédrale. Cette statue, fabriquée en granit, à Rome, fut honorée du titre de Reine de la paix par l'évêque de Saïgon, Pham Van Thien. Le cardinal Aganianian venant de Rome pour l'occasion rebaptisa alors l'édifice qui porte depuis cette date le nom de Cathédrale Notre-Dame de Saïgon.

cambodge2-7819.JPGEn octobre 2005, cette statue aurait pleuré, et des milliers de passants se seraient alors réunis, pouvant ainsi en témoigner. Malgré des recherches, aucune explication ne fut apportée à ce qui fut appelé le "miracle de Saïgon". Lors de notre visite de la cathédrale plusieurs mariages s'y déroulaient et celle ci était bondée de fideles. Après une brève conversation en français avec l'un des prêtres locaux, j'appris que la communauté catholique du Vietnam était de 18% et en constante augmentation...

cambodge2-7893.JPGNous continuons notre promenade de Saigon vers le Théâtre municipal qui  fut construit par le cabinet d’architectes Félix Ollivier en 1900. Accueillant des troupes de théâtres de métropole ou des cantatrices de passage, il animera un peu la ville dans laquelle l'élite s'ennuie le soir. Il fut inauguré en présence du Prince Waldemar du Danemark... Son modèle architectural par le style de la III République française, la Façade est inspirée du Petit Palais à Paris.

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L'aménagement intérieur est bien équipé, avec une acoustique et un éclairage parfaits. Le bâtiment inclut un parterre et 2 balcons, capables de proposer jusqu'à 1800 sièges. Décors, inscriptions et meubles ont été dessinés en France par des artistes français célèbres et envoyés à Saïgon. En 1943, une partie de cette décoration a été enlevée sous l’occupation japonaise. A l'occasion du 300e anniversaire de la création de Saïgon le gouvernement de la ville a fait reconstituer une partie du décor de la façade. Fin des années 50 et dans les années 60, ce théâtre a été le siège du parlement du Sud-Vietnam. Il est à préciser qu’il est situé sur la Place Francis Garnier à droite de l’Hôtel Continental.

cambodge2-7921.JPGAvez-vous vu et aimé le film "L'amant", cette histoire d'une adolescente française qui fait ses premières expériences sexuelles et amoureuses avec un chinois plus vieux qu'elle de 10 ans, en Indochine dans les années 30.Tout cela pour vous dire que nous avons été à Saigon dans le quartier Cholon et passé devant la garçonnière de l'amant dans le film. Sur notre trajet vers le delta en passant par Vinh Long (scène du bac sur le Mékong), avons visité la maison qui a représenté celle du père de l'amant dans le film à Can Tho, toujours sur une des rives du Mékong.

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Eh oui, nous avons matérialisé ce rêve de suivre la trace de Marguerite Duras dans le fond de scène du roman, le Vietnam, pour nous la porte de ce mystérieux Orient. La maison ancienne Binh Thuy est  bien conservée, typique du delta du Mékong qui a servi de décor pour des scènes du film "L'amant" de Jean Jaques Annaud.

cambodge2-7948.JPGC'est une grande maison bourgeoise, précédée d'un escalier donnant sur un jardin tropical, construite en 1870 par le grand-père de l'actuel propriétaire. Il fit appel aux meilleurs artisans de la région qui sculptèrent des colonnes de bois, des meubles et des fauteuils qui portent encore les détails montrant des dragons et des phénix. Les tapisseries ornant les plafonds furent importées en France. La famille possède encore de très vieux objets, comme un bol et un vase en porcelaine d'époque Ming.

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  Maintenant nous nous dirigeons vers le palais de la réunification, par contre je zappe volontairement le musée de la guerre ou je sens la propagande communiste à plein nez. Il fut conçu par l'architecte Ngô Viết Thụ, premier lauréat du Prix de Rome en 1955. Le palais fut utilisé comme résidence officielle des présidents de la République du Viêt Nam, et comme lieu de la passation officielle du pouvoir lors de la cérémonie de réunification le 30 avril 1975. Il est temps de rentrer à notre hôtel, car j’en ai plein les pates et un bon « foot massage » sera des plus précieux pour finir la soirée dans de bonne condition … Tiens la petite brune a un joli sourire !
cambodge2-7955.JPGHotel Saigon: Family Inn
http://www.familyinnsaigon.com/

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                                DIAPORAMA DE SAIGON


 
Encore une connaissance de Stéphane , nous avons été invité dans le restaurant d'une franco vietnamienne qui a quitté sa vie parisienne apres une separation. Celle ci venait de racheter depuis 3 mois un resto dans Saigon. Tres bonne cuisine vegétarienne à prix local avec le service en francais.
Quang Duc Vegetarian  Restaurant 
599 Cach Mang Thang Tam Street, P15, District 10
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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 07:30

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Pour aller à Can tho, il faut prendre le bac sur un des 9 dragons, c'est ainsi que se nomment les bras du Mékong dans son delta. Le delta couvre 40 000 km2 et s'étend chaque année de près de 80m grâce au limons et sables charriés. Cette zone est plantée de mangrove.  Cantho est une ville agréable, sa promenade le long du fleuve est très fréquentée. On se croit au bord de la mer. Le Mékong est long de 4900km et prend sa source au Tibet. Le Mékong n'a que 200km au Vietnam.

cambodge2-6560.JPGLe Marché de Cai Rang est situé pas très loin de la ville de Can Tho. Sur un bras du Mékong, au soleil levant, on aperçoit des centaines d'embarcations équipées d'une longue perche en bambou  au bout de laquelle est planté un ananas, une tomate, un fruit du dragon... C'est ce que vendent les paysans du delta. Chacun a remonté le fleuve sur son sampan chargé d'une pyramide de fruits ou de légumes. Chaque vendeur propose en général un seul produit qui est hissé en haut d'un mât pour être repéré de loin.

cambodge2-6568.JPG C'est ici que vivait le pére de l'amant chinois de Marguerite Duras

 

Le marché est très animé de bonne heure jusqu’à 8-9h. C’est un spectacle très intéressant, tant au niveau social que visuel. Contraste de couleurs étonnant entre les produits des marchands et les eaux marron du Mékong. La voie navigable devient un labyrinthe de centaines de bateaux emballés à la mangue, banane, papaye, ananas, et même des cigarettes de contrebande !

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Les vendeurs n'ont pas à héler le client parce que leurs produits peuvent être vus à  distance et leurs cris ne seraient pas entendus dans l'immensité de la rivière et le bruit des moteurs de bateau. Il y a aussi les petits bateaux qui vendent de la bière, du vin et des boissons qui vont vers les autres bateaux pour servir les spectateurs et visiteurs. Comme dans tout marché d'Asie, on peut bien entendu se restaurer. Les odeurs appétissantes de ces plats mitonnés sur place et de café chaud se mêlent aux effluves de gasoil...

cambodge2-6642.JPGLe marché flottant de Cài Râng est un marché de gros. Les bateaux sont de toutes tailles. De nombreux producteurs paysans viennent ici vendre leur récolte aux grossistes. Tout le delta est très fertile avec 3 moissons par an. C'est le grenier à riz et aux fruits et légumes du pays. On fait un arrêt et une promenade pédestre dans le village de Soc Trang, chef-lieu de la province du même nom,qui se situe à l’embouchure du Mékong. La communauté khmère, qui représente un peu plus du quart de la population provinciale, y a fondé de remarquables temples.

cambodge2-6645.JPGA quelques pas du centre-ville, la pagode d’Argile, Chua Dat Set, a été fondée il y plus de deux siècles par la famille chinoise Ngo. Très différente des autres pagodes khmères et vietnamiennes de Soc Trang, elle ne contient pratiquement que des objets faits en argile, sculptés par le moine Ngo Kim Tong. En une vie, il réalisa des centaines d’œuvres dont certaines véritablement imposantes, comme l'autel sur lequel sont assis mille bouddhas ou un éléphant à six défenses.

cambodge2-6649.JPGAutre création, une tour de treize étages remplie de petits bouddhas et de dragons, s’élève à 4 mètres de haut. On reprend le bateau pour nous rendre au marché flottant de Cai Bè (province de Tiên Giang) qui se tient sur le fleuve Tiên, l'un des bras du Mékong. Réputé pour être au cœur du commerce des fruits de la région, ce marché, l'un des plus importants du Sud occidental. Des milliers de sampans, des norias de péniches se croisent dans un fracas sonore pétaradant.

cambodge2-6653.JPGL'effervescence qui règne en ces lieux est maximale. Les barques chargées de jacques, de durians, de ramboutans, de pamplemousses et d'autres fruits que nous découvrons au fur et à mesure des flots nous proposent un spectacle inoubliable. Nous évoluons au milieu de tout ca en bateau. Les barques qui viennent charger prés des gros bateaux possèdent des moteurs surprenants. Le bloc moteur est pose directement sur un pivot, a l'arrière de la barque, et une grande ligne d'arbre de 3metres de long en sort, avec une hélice tout au bout. Ca fonctionne très bien et semble très maniable. Les moins équipés déplacent leur barque à la rame, debout à l'arrière de la barque, et ca à l'air beaucoup plus technique que le moteur.

cambodge2-6670.JPGNous découvrons plus loin, sur les berges, un petit atelier de transformation de riz : très intéressant. Apres la  récolte, le riz est séparé de son enveloppe brune, et broyé pour faire de la farine. Celle ci est ensuite utilisée pour faire des feuilles de riz (qui enveloppent les nems, ou rouleaux de printemps) : au dessus d'une gamelle d'eau bouillante, un tissu de 60 cm de diamètre est tendu, et on saupoudre un peu de farine de riz dessus. En 30 secondes, la feuille de riz est prête, et est mise à sécher sur un treillage de feuilles de cocotiers.

cambodge2-6673.JPGL'enveloppe brune du riz sert de combustible pour faire bouillir l'eau, et les cendres récoltées, sont utilisées comme compost sur des claies en bambou pour faire germer les prochains plants de riz. La boucle est bouclée, pas de déchets, pas de ressources fossiles utilisées, tout est réutilisé. On continue notre route pour se rendre sur l’ile de My Tho à 72 km de Saigon et qui signifie la bonne herbe parfume, c’est la plus proche ville de Ho Chi Minh et la capitale de la province de Tin-Giang. Elle est situe sur la rive du bras nord du Mékong.

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La campagne environnante constitue l'un des plus luxuriants jardins du Vietnam (cocotiers, bananiers, manguiers). Célèbre pour son horticulture (ici poussent toutes sortes de fleurs exotiques), on l'avait surnommé, à l'époque coloniale " Le jardin de la Cochinchine ". C'est dans cette bourgade méconnue du delta du Mékong que vécut Marguerite Duras jusqu'a son adolescence. Sa mère, institutrice, y dirigeait l'école des filles (toujours la !). Dans cette ville de 30 000 habitants, authentique et sans touristes on peut s'imprégner de l'ambiance d'une petite ville du delta ou subsistent encore quelques maisons coloniales et "la maison du Chinois" (de son roman L'Amant).

cambodge2-6695.JPGDernière étape avant Saigon, Mỹ Tho a été fondée dans les années 1680 par des réfugiés chinois ayant fui Taïwan au moment de la victoire du général Shi Lang de la dynastie Qing sur les derniers partisans des Ming du sud en 1683. La région faisait alors partie de l'empire khmer et elle ne fut annexée par le Viêt Nam qu'au XVIIIe siècle. Du fait de sa proximité de Saïgon, Mỹ Tho est un point d'entrée traditionnel dans le delta du Mékong. Dès le XVIIe siècle, elle était devenue un des plus grands centres commerciaux du sud de l'actuel Viêt Nam.

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Soso dans un cabinet dentaire 

Dans les années 1860, Mỹ Tho, comme Saïgon, joua un rôle stratégique dans la campagne de Cochinchine (1858-1862). La prise de Mỹ Tho le 12 avril 1861 fut considérée comme une étape importante dans l'établissement de la domination française au Viêt Nam. À l'époque de l'Indochine française, l'économie de la ville continua à prospérer, attirant plus d'immigrants chinois, principalement du Guandong (région de Chaozhou). En 1876, la province de Mỹ Tho fut une des six créées dans le sud-ouest de la Cochinchine.

cambodge2-6682.JPGEn 1881, Mỹ Tho devint le terminus de première ligne ferroviaire du Viêt Nam, qui la reliait à Saïgon. Durant la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement de Vichy emprisonna des étrangers à Mỹ Tho. En mai 1945, les Japonais s'emparèrent de ces camps de crainte d'une attaque alliée. Les étrangers restèrent prisonniers jusqu'à la fin de la guerre, mais leur régime ne fut pas trop pénible, comparé à celui d'autres camps d'Asie du Sud-est. Nous arrivons progressivement à Saigon et mon excitation de voir cette ville est à son paroxysme !
cambodge2-6708.JPGHôtel à Cantho directement sur le Mékong :
http://www.vanphatcanthohotel.com/en/
cambodge2-6756.JPGSi vous avez besoin d’un dentiste : Soso a perdu une couronne et nous avons trouvé le cabinet dentaire dans une petite ruelle au charme typiquement local.
Phong Rang Hung Phu : 469B LE LOI-Chau Doc (Cau Lo Heo)

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                             DIAPORAMA DE CAN THO


 
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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 18:20

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Le Mékong est l’un des plus grands fleuves du monde et son delta, compte parmi les plus étendus. Sa source se trouve au Tibet né dans le Qinghai sur les hauteurs de l’Himalaya située à une altitude de 5 224 mètres. Le Mékong fleuve d’Asie du Sud-est irrigue successivement la Chine (la province du Yunnan), borde le Laos à la frontière de la Birmanie puis de la Thaïlande avant de couler au Laos et de revenir à sa frontière, puis traverse le Cambodge où naissent les premiers bras de son delta, qui se prolonge dans le sud du Viêt Nam où il est appelé traditionnellement le « fleuve des neuf dragons ».

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Le fleuve est à l’origine appelé Mae Nam Khong  mais pour raccourcir, ils disent Mae Khong, signifiant « Mère de tous les fleuves ». La source du fleuve, et donc sa longueur finale, est inconnue en raison de l’existence de plusieurs affluents dans un environnement d’accès difficile. Les estimations vont de 4 350 à 4 909 km. Il s’élargit au sud de Luang Prabang, où il a inondé la région jusqu’à 100 mètres de profondeur et sur un rayon de 4 km. Environ 90 millions de personnes dépendent du fleuve. La région dans laquelle ils vivent est le grenier à riz de l'Asie du sud est.

cambodge2-6216.JPGUne promenade en bateau à travers les deux bras principaux du fleuve donne  réellement une sensation d'immensité et d'infini. Par endroits, on a du mal à percevoir les rives tant elles sont éloignées. Entre les deux bras principaux, s’étale un réseau inextricable de cours secondaires, les arroyos canaux construit par les français, qui permettent de circuler à travers un labyrinthe d’îles habitées par des cultivateurs. Ici l’immensité laisse place à des paysages beaucoup plus denses, avec une végétation luxuriante.

cambodge2-6225.JPGPlusieurs compagnies proposent des croisières au fil du Mékong. Les croisières se font sur des bateaux avec tout le confort moderne. Nous décidons de prendre l’une d’entre elle à partir de Phnom Pen la capitale cambodgienne puis de descendre le fleuve jusqu'à sa frontière vietnamienne. La première étape avant d’arriver à son delta sera Chau Doc.

cambodge2-6273.JPGUn Canal sur le Mékong nous mènera dans l’île de Koh Dek Chau, village khmer encore préservé de la civilisation moderne, puis dans le delta gigantesque avec les fermes flottantes, les immenses rizières, remarquables. Le Mékong représente pour les régions concernées bien plus qu’un chemin emprunté par des voyageurs avides de dépaysement : il occupe une place primordiale dans la vie des pays qu’il traverse.

cambodge2-6281.JPGLieu de pêche et de pisciculture, source d’irrigation et de production électrique, voie de transport, accueillant habitations et marchés flottants, il joue un rôle essentiel dans l’économie. Pourtant, cela n’enlève rien à sa beauté et à son atmosphère étrange : tantôt aussi calme qu’un lac aux eaux couleur de thé, tantôt accidenté de gorges et de rapides impétueux, peuplé à certains endroits de poisson-chat géants et à d’autres de dauphins d’eau douce, il se termine en un delta immense et fertile, où les marées sont puissantes comme s’il s’agissait d’une véritable mer.

cambodge2-6302.JPGEt il charrie également, outre de l’or dans ses boues aux abords de Luang Prabang, une jolie légende, dont vous aurez peut-être l’occasion d’observer les preuves : près de Ventiane, au Laos, des boules de lumières montent à la surface du fleuve, manifestations, si l’on en croit les habitants, des dragons ou esprits des eaux.

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  À deux pas de la frontière cambodgienne une petite ville fluviale idyllique  de la province d'An Giang, dans la région du delta du Mékong, au Vietnam. Frontalière du Cambodge, la ville est située près du Hâu Giang (une branche du Mékong traversant le territoire vietnamien) et du canal de Vinh Tê. Châu Dôc est située à 250 kilomètres à l'ouest de Hô-Chi-Minh-Ville. En naviguant sur le fleuve Bassac, affluent du Mékong, et le canal Vĩnh Tế, on a le loisir de percevoir toute l’importance stratégique et commerciale de la ville.

cambodge2-6397.JPGLa ville est proche de la montagne pittoresque du Sam où les vietnamiens vouent un culte à la Dame de la montagne de Sam: Haut de 230 mètres, c'est une sorte de colline inspirée, une montagne sacrée pour les Vietnamiens qui y viennent en pèlerinage. Situé dans la plaine, à 7km au sud-ouest de la ville. Plusieurs temples et pagodes ont été construits au pied du mont mais ses versants sont constellés de petits oratoires creusés dans les rochers.

cambodge2-6399.JPGOn peut en faire en ascension à pied par un sentier qui part du mausolée de Thoai Ngoc Hau qui est un mandarin de la cour de Hue, qui fit creuser le grand canal Vinh Te (du nom de sa femme) pour marquer la frontière avec le Cambodge voisin et faciliter l'irrigation des rizières. Ce canal, long d'une centaine de kilomètres, relie encore aujourd'hui Chau Doc à Ha Tien.

cambodge2-6426.JPGLa pagode Tay An Construite en 1847, est le sanctuaire le plus original, celui que l'on remarque immédiatement en arrivant au pied du mont, grâce à son style mélangeant des formes hindouistes et bouddhiques. Deux éléphants gardent l'entrée de la pagode; celui de droite est blanc et possède six défenses en ivoire.

cambodge2-6428.JPGChâu Dôc est célèbre pour la variété de ses sauces de poisson (en vietnamien : Nuoc mam). Elle est habitée par les communautés de Kinh, Cham, Khmer et Chinoise aux usages authentiques... C’est le lieu de la pisciculture mais beaucoup de foyers se consacrent encore au travail de la soie. Les villages flottants de la communauté Cham élèvent des poissons dans des cages sous leur maison pour extraire la fameuse sauce Nuoc mam et surtout “Mam Tai», une sorte d’anchois. Les maisons flottent littéralement sur des barils de métal, et sont autant leur gagne-pain que leur résidence.

cambodge2-6449.JPGNous sommes accueillis sur l’une d’entre elle par Diêm Hanh une jolie Vietnamienne qui étudie le Français. Elle nous explique que les filets métalliques suspendus en dessous de chaque maison sont ainsi destinés à la pisciculture. Les poissons évoluent dans leur environnement naturel, ils sont nourris, puis facilement capturés. Il y a des truites pesant cinq à sept kilos, le tout destiné au marché local et à l’exportation dans les pays du Pacifique, jusqu’aux Etats-Unis.

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Ici, le luxe se veut discret. On se refuse à construire des immeubles cossus. Mais sur cette terre de contrastes, la pauvreté s’étale sur les rives du fleuve, où les familles de pêcheurs, dans leurs  cabanes sur pilotis, continuent de vivre – survivre - dans des conditions de grande précarité. Cependant la moindre masure est hérissée de son mât de télévision, véritable cordon ombilical.

cambodge2-6489.JPGOn mange bien à Châu Ðốc, une nourriture équilibrée, savoureuse, à base de seiches, fruits de mer, viande et légumes variés. Le marché regorge de ces préparations succulentes fraîchement cuisinées. Emprisonnées dans leurs corsets de feuilles épaisses, dans lesquelles elles ont bouilli plusieurs heures, elles présentent la garantie d’hygiène requise et se conservent quelques jours.

cambodge2-6536.JPGEn ville, entre le port et le marché, il arrive de croiser des jeunes filles chams, revêtues de leur costume traditionnel aux couleurs sobres, modèles d’élégance et de raffinement. Il existe de nombreuses pagodes à Chau Doc qui sont sous influence chinoises et hindous très colorées et peintes. En 2003, le district avait une population de 112 155 habitants. Le quartier de Chau Ðoc s’étend sur une superficie de 100 km ² impressionnant hein ! Chau Doc est l’un de mes meilleurs souvenirs du voyage avec Angkor et Sihanoukville. Je vous le dis tout de suite, Chau Doc est magique. On retrouve l’atmosphère de cette Indochine du début du XXe siècle… celle de Marguerite Duras.
cambodge2-6506.JPGHébergement à l’hôtel Satisfy de Chau Doc :
http://mekongboats-satisfyhotel.com.vn/leisure/about-satisfy-hotel
Petite info entre nous, aller gouter au salon de massage de l’hôtel (massage domino), c’est divin.

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                           DIAPORAMA DE CHAU DOC


 
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