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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 07:10

usa-2011-8822.JPG Seule montagne entre le Mississippi et les Rocheuses, seul refuge lorsque le blizzard balaye la Prairie, seule région à des journées de cheval où l'on trouve des arbres pour les mâts des tipis, dès l'arrivée des Sioux dans la région, les Black Hills deviennent un de leurs territoires sacrés. Le traité de 1868 leur en garantit la propriété ; la découverte d'or, en 1874, déclenche une ruée que le gouvernement fédéral ne fait pas grand chose pour réfréner.

usa-2011-8713.JPGMalgré leur éphémère victoire à la Little Big Horn, deux ans plus tard, à nouveau spoliés, les Lakotas plient, mais n'oublient pas leur montagne sacrée.
La région se peuple, l'agriculture s'installe, le territoire des réserves se stabilise et, peu à peu, les Sioux s'intègrent dans la civilisation américaine. Eux aussi veulent leur symbole : en 1939, des chefs tribaux écrivirent à Korczak Ziolkowski pour lui demander de sculpter dans les Collines Noires une effigie de Tashunke Witko, Cheval Fou... Le " Sanctuaire de la Démocratie " n'est pas achevé que, déjà, naît l'idée du Crazy Horse Mémorial.

usa-2011-8721.JPGZiolkowski ne sait rien des Sioux : il travaille quelques mois avec Borglum, (Mont Rushmore) puis leur rend visite à Pine Ridge (la plus grande reserve du S.Dakota), où il découvre la culture et l'Histoire des indiens des Plaines. Il réalise une maquette, une effigie du guerrier lakota, hautain, le bras droit tendu, l'index pointé en réponse à une question des émissaires du gouvernement américain :"Où sont vos terres ?","Les mienne sont là où sont mes ancêtres !" « Ils sont la, la terre porte la couleur du sang de mes ancêtres».

usa-2011-8736.JPGLa première charge de dynamite explose le 3 juin 1948. Trente-sept ans plus tard, à la fin de 1985, huit millions de tonnes de roche ont été arrachées à la montagne, un volume capable de contenir 10000 appartements de 120 m² ! Les chalumeaux à propane, dont la flamme fond le granite comme neige au soleil, ont remplacé les foreuses pneumatiques, mais dix ans, de 1988 à 98, sont nécessaires pour qu'apparaisse le visage du lakota, presque une fois et demi plus haut que ceux du Mont Rushmore.

DSCN0210.JPGLa plume de ses cheveux mesurera 13 mètres et l'on calcule que, sur son bras, pourront se tenir 4000 personnes ! Le sculpteur imaginait que son travail durerait 30 ans : Plus de soixante ans après le début des travaux, on ne voit encore pas se dessiner la tête du cheval ! On estime, en fonction des ressources, que le travail sur Crazy Horse pourrait durer 50 ans encore.
DSCN0271.JPGUne centaine de kilomètres à l'est des Black Hills, au-dessus de la verte étendue des plaines du Dakota, parfois si monotones que les voyageurs du XIXème siècle les comparaient à l'océan, se dresse une longue frange de reliefs abrupts et dénudés. Makó Sitcha. C'est ainsi que les Sioux nomment cet endroit : Badlands, Mauvaises Terres.

usa-2011-8959.JPGMauvaises à traverser, disaient les trappeurs français : les pentes en sont raides, l'eau y est rare et corrompue, et on s'y perd aisément. Dans ces Bad Lands, il n'y a rien pour s'installer ; pas de bois de construction, pas de pierre, pas d'herbe, pas d'eau, pas de terre arable. L’endroit est si typique qu'en géologie, Badlands désigne ces reliefs ravinés qu'on nomme en français du mot provençal de roubines.

usa-2011-8965.JPGDe loin, c'est comme un mur gris, une falaise de 60 mètres dont les aiguilles les plus élevées se dressent à plus de 130 mètres au-dessus de la plaine. De près, le plus souvent, les « Mauvaises Terres » sont ternes, et les strates rouges peinent à y mettre un peu de vie. Ces barres, ces plateaux, représentent onze millions d'années de sédiments accumulés. Rivières et intempéries en creusent les formes depuis 500 000 ans, et l'on calcule qu'au rythme actuel, il en faudra autant pour les faire disparaître.

usa-2011-8976.JPGLa SD 240 nous conduit aux points de vue les plus spectaculaires. A l'ouest du «Visitor Center» de Ben Reifel, une enfilade de virages escalade le mur festonné, dentelé, hérissé de pignons, dont le pan nu s'abat brutalement vers la plaine. Pas un arbuste ! Pas une herbe, sinon quelques jets au bord de la route.

usa-2011-8989.JPGLa route ondule sur le plateau. Voici Bigfoot Pass : cassée par les changements de pente, une ride, indistincte au milieu d'autres rides, peut faire figure de chemin. L'érosion, en plus d'un siècle, en a sans doute rogné les flancs : c'est là, le 24 décembre 1890, qu'avec chevaux et travois, les Minneconjous de Bigfoot passèrent le mur des Badlands, sur leur chemin fatal vers Wounded Knee.

usa-2011-8990.JPGAprès Dillon Pass, la SD 240 descend dans Conata Basin où, pour quelques centaines de mètres, on entre dans les terrains les plus vieux, l'ancien fond marin couvert et découvert au moins deux fois par l'érosion. Ici, la terre a des couleurs marquées, dues aux mutations chimiques survenues au cours des siècles. La chaussée goudronnée tourne vers le nord et rejoint l'autoroute.

usa-2011-9009.JPGUn chemin de terre bien entretenu continue dans le parc. C'est lui qu'il faut prendre : bientôt, sur la droite, apparaît un village de chiens de prairie ! Voici un authentique habitant de l'Ouest : le premier qu'on vit à Washington avait été envoyé par Lewis et Clark. Seule la prairie rase lui convient : là, il peut surveiller les alentours sans que la végétation n'obstrue son champ de vision. Assis sur son train de derrière, il semble ignorer votre présence, mais essayez seulement de l'approcher, de faire un geste, de vouloir le photographier : il pousse un cri d'alerte et disparait illico dans son trou, immédiatement imité par ses congénères les plus proches !

usa-2011-9015.JPGCet avertissement ressemble au jappement d'un chiot : les coureurs des bois, qui n'étaient pas zoologues, affublèrent ces petits rongeurs du nom de chien à cause de leur cri ! Il ressemble d’assez prés à l’une de nos marmottes du parc du Mercantour, plus petit peut-être !

usa-2011-9023.JPGBadlands National Park est cerné par les herbages du Buffalo Gap National Grassland, et l'on a quelques chances de rencontrer un troupeau de bisons en liberté. Ne les approchez pas à moins d'une centaine de mètres. S'ils viennent vers vous, remontez en voiture et éloignez vous un peu. Les bisons sont sauvages, imprévisibles, et on entend régulièrement parler de touristes imprudents, encornés sans raison apparente ! Si vous êtes en motos ? Alors faite une prière au grand Manitou. Peut-être que l’esprit de Waka Tanka vous écoutera ! Notre journée prend fin, nous rentrons à Rapid City avec nos amis journalistes et nous passerons la soirée avec eux dans un véritable saloon western ….

 

               DIAPORAMA BALADE DANS LES BADLANDS

 

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