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24 juillet 2010 6 24 /07 /juillet /2010 12:09

8eme-albums-0512.JPG Sur la place de Bastia

 

A peine sortie d’Ile Rousse, nous sommes déjà interpellés par les noms des localités identiques à celle du comté de Nice comme Pigna ou encore Santa Reparata qui est la patronne de notre ville. Mon beau frère nous dit que nous prendrons cette route ce soir pour aller dîner dans une osteria de Feliceto dans la Balagne profonde. Pour l’instant nous nous dirigeons vers Saint Florent pour récupérer les chambres d’hôtels qui nous attendent et prendre un petit apéro sur la plage. Nous passons par le désert des agriates et sa route tortueuse, mais, quelle route n’est pas tortueuse en Corse... La Corse, c’est une montagne dans la mer.

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le village perché de Nonza

 

Malgré son nom, le désert des Agriates ne contient pas un seul grain de sable hormis bien sur les plages qui sont de toutes beautés. C’est plutôt juste de la rocaille à perte de vue avec une ressemblance importante pour le massif de l’Esterel sur la Cote d’Azur et ses rochers de couleurs ocres façon Arizona, mais encore plus sauvage puisque aucune habitation ne semble avoir voulu prendre le risque de s’y installer. Il est aujourd'hui officiellement reconnu comme le seul véritable désert européen, pourtant il me semble que la Sierra Nevada en Espagne parait bien plus importante dans mes souvenirs.

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Ce territoire immense était le grenier de la République de Gênes, faute d'un arrière-pays suffisamment développé,  les  Génois l'utilisaient également pour cultiver de quoi nourrir sa population métropolitaine. Il est dominé d’ailleurs par le Mont Genova. Jusqu'au début du XXe siècle, on y cultivait encore le blé, les agrumes (cédrats, citrons, mandarines), l'olivier, le figuier… Cependant, l'écobuage et les incendies propagés par les vents forts ont eu raison de cette plaine fertile. Après une multitude de virages en épingle, nous arrivons à Saint Florent. Immédiatement mon beau frère va retrouver le bar de ses potes,  mais aussi plus certainement de sa copine la patronne de l’établissement. Ce sont des embrassades pour ces retrouvailles joyeuses suivi de l’apéro offert tout de suite par la maitresse des lieux. Ca commence bien !

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chapelle de la mer à Centuri

 

Apres avoir fait le tour du village, de son port et de sa citadelle, nous nous installons à l’hôtel le Tettola qui est un 3 étoiles correct. Mon beau frère regrette un peu de n’avoir pas pu s’installer à l’hôtel de la Roya de son ami Chris Renucci qui est un établissement bien supérieur et d’un emplacement sublime face au village de Saint Florent à cause d'un seminaire qui occupe l'hotel dans son intégralité. Ca ne fait rien, on ira prendre l’apéro et diner aussi à cet endroit. Pour l’instant un peu de repos sur les transats de notre hôtel avec le choix de la mer ou de la piscine pour la baignade. Soso choisira la piscine tandis que sa sœur optera pour la mer, pendant que je fais « farniente » avec un petit cocktail Corse.

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le petit port de Centuri au bout du cap corse

 

Nous reprenons la route des agriates pour Ile Rousse et grimper dans la montagne. En fait nous allons  faire plus de 200 km de route à lacets aller retour pour voir un personnage connu de toute la Corse.

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Jean Marie Molineri mon beau frere descend dans l'antre du moulin

 

La Balagne abrite bon nombre de personnages hauts en couleur, qui à travers leur verbe ou leur sens de l'hospitalité témoignent d'un enracinement profond ,joseph de Feliceto est l'un d'eux. Dans son antre du Mulinu (moulin en Corse), il règne les vendredis et Samedis soirs de repas un vent de folie douce, qui fait que les nombreux convives sont plis dans un tourbillon de chants, de scherzi (plaisanteries) et de plaisir.

8eme-albums-0149.JPG  Moulin à Huile de Feliceto

 

Il est devenu expert dans l'art de faire voler les assiettes et de jouer du violon avec du prizuttu (jambon corse). Un tourbillon qui n'a d'égal que le plaisir de déguster des recettes savamment élaborées par le chantre des fourneaux: cuisinier connu pour la qualité de sa cuisine de terroir, l'homme est connu pour sa joie de vivre et ses facéties. (Je n’ai jamais mangé une daube de cochon sauvage et ses pastas à l’ail comme chez lui)

8eme-albums-0188.JPG  Ca y'est , c'est parti avec mon beau frere, le mari de la soeur à soso

 

L’ambiance est assurée dans ce moulin à huile d’époque tenu par Joseph Ambrosini qui pendant la période produit sa propre huile d’olive reconnu comme l’une des meilleures de Corse. Le menu varie en fonction des saisons et c’est toujours un régal.

8eme-albums-0191.JPG Guiseppe Ambrosini un fou corse

 

Le maître des lieux vous étonnera par sa manière de servir les clients : il jette assiettes et jambon comme des jetons sur une table de baccara, et c’est à vous de les rattraper.  Il faut le voir ! Un menu unique avec apéro, vin à volonté et digestif inclus, composé de jambon à la volée, d’une terrine arrosé à la grappa, d’un plat corse traditionnel, suivi des fromages de chèvres maison et d’un dessert  lui aussi maison.

8eme-albums-0203.JPG Luciano Pistolesi le frere à soso rattrape l'assiette au vol

 

La spécialité de l’établissement reste le service de « Guiseppe » qui offre un spectacle unique : on aime ou on déteste ! L’adresse est très courue et il vaut mieux réserver. Spectacle de chants et guitares traditionnels en prime. Tout d’un coup, vous le voyez arrivé avec un fusil de chasse de calibre 12, ouvrir la fenêtre et tirer on ne sait ou ?

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Mais ! il est fou ce type .....

 

Cela surprend immanquablement et on se dit que nous sommes tombés chez un fou. Il vous interpelle et vous lance les assiettes à plus de 3 mètres de la table, quelques une passent justement par la fameuse fenêtre puis c’est au tour du jambon fumé d’atterrir dans l’assiette à condition de le rattraper …

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Claudio Molineri accompagne guiseppe à la guitare

 

Le reste de la soirée c’est un one man show de joseph avec son gamin accessoiriste de son état qui aura une lourde succession à prendre. De temps en temps, il s’assoit avec vous et pite dans votre assiette ou bien tout d’un coup il vous invite à boire à la régalade. Pour les gendarmes ? Pas de problèmes, vous dites que vous venez de chez joseph et ils vous laisseront en paix. Ici on ne contrarie pas les fous …. Ca peut être très dangereux !

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Allez Soso ! une bonne gorgée de Grappa à 70°

 

Enfin, nous partons à 2 heures du matin et nous avons 2 heures de route pour rejoindre l’hôtel et à 7 heures nous devons repartir. L’ambiance va être comme cela pendant 3 jours…

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Guiseppe, Alfredo et Juan Carlo qui cherche encore à jouer de la flute traversiere

 

Visite dans la journée et fiesta le soir. Tout juste 2 ou trois heures pour faire dodo. Quand des Niçois et des Corses décident de faire la fête, ca fait mal !
On c’est tout de même promené le long du cap Corse en visitant le très joli village de Nonza. Magnifique nid d'aigle perché au dessus de la mer, le site de Nonza est un de ces sites Corses incontournables quand on visite l'île. Son étrange plage de sable noir est une curiosité à elle seule...

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La plage Noire de Nonza , l'une des 13 merveilles naturelles de Corse

 

On continue notre route du Cap Corse par la route qui domine la mer. Attention, si vous êtes sujet au vertige et aux virages innombrables, vous n’allez pas être déçu. Mais au bout de la route, vous avez la récompense.
Ce n'est qu'au tout dernier moment, au détour de l'ultime virage que vous apparaîtra le petit village de Centuri, complètement resserré autour de son port charmant et minuscule... le bout du monde !

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Centuri le petit port du bout du monde

 

Pittoresque et coloré à souhait, Centuri se savoure des yeux... Prenez le temps de vous promener dans les petites rues épousant le relief accidenté de ce village si attirant, attardez-vous à la terrasse de l'un des quelques cafés qui nonchalamment installé sur le port offre le spectacle toujours sympathique des bateaux entrant ou sortant. Avec ses anciennes maisonnettes de couleurs se reflétant dans la mer tranquille, aux toits de lauzes et aux murs de pierre, le village se veut aussi d'être le premier port de France pour la pêche aux langoustes. Loin de la foule et des touristes, vous apprécierez ce petit coin de paradis habité par 233 habitants qui sont les plus heureux au monde...

8eme-albums-0316.JPGRetour à Saint Forent car le soir à l’hôtel la Roya du copain au frère à Soso, il passe l’un des plus grands guitaristes Corse : Robert  Poletti.

Compositeur, interprète, il aborde avec autant d'aisance, le style gitan comme le classique, le folklore comme le jazz, la musique corse comme la musique grecque. Il est reconnu partout comme étant l’un des meilleurs guitaristes actuel. Son Dernier album « festa corsa » est sublime. Ce soir notre amie Janine Giordano aura le privilège de l’accompagner pour 3 chansons qui enchanteront tous les convives du restaurant. Dans l’un des restaurants les plus « selects » de Corse, nous avons mis une ambiance de folie.

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Robert Poletti qui accompagne Janine Giordano au chant l'une des meilleures interprétes d'Edith Piaf

 

Le lendemain, direction Murato et passage obligé à l’église de San Michele car elle est non seulement l'une des églises les plus connues de Corse, mais aussi la plus originale. Ses façades polychromes en serpentine verte et en calcaire pâle sont uniques dans l'art pisan insulaire du XIIème siècle.

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Restaurant de l'hotel de la Roya

 

Le choix des pierres, le calcaire de Saint-Florent et la serpentine du Bevinco ont permis aux maîtres maçons et sculpteurs de laisser libre cours à leur créativité. Juste le temps de faire le tour du propriétaire car la pluie s’abattra sur nous sans crier gare !
Avant d’aller à Bastia, il faut faire le plein de charcuterie et de fromages Corse chez un petit producteur local. Les produits sont peut-être plus chers, mais ils sont certifiés Corse et d’une qualité et d’un gout remarquable.

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La Corse, c’est une ile enchanteresse, véritable « château d’eau », c'est l’île la plus montagneuse, la plus verte et fraîche de toute la Méditerranée. Avec 120 sommets au dessus de 2 000 m, enneigés en hiver, la Corse est « une montagne dans la mer » où les paysages dantesques de pics, d’aiguilles et de lacs alternent avec de vastes plateaux paisibles et des plages de rêve. Cœur de la Corse, la montagne est la gardienne de ses traditions et de son identité et c’est cela que l’on aime.

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Regardez ! Le soir ou nous avons mangé chez joseph, deux gamins du village sont venus le voir. Deux gamins de 13 et 14 ans qui ont chanté en Corse avec ce que l’on appelle chez nous à Nissa «  avé la mentalita ». Ici pas question de chanter du rap mais bien au contraire de préserver la culture le mieux possible d’une jeunesse saine et amoureuse de ses traditions.

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U mondu è fattu à scala: à chi cólla e à chi fala et en Corse on ne veut pas les oublier les bonnes traditions.
Forza Corsica..

 

                  DIAPORAMA DU SECOND ARTICLE


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