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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 07:25

SARDAIGNE-5138.JPG Nous prenons l'orientale Sarde la SS 125  qui est particulièrement populaire auprès des motards, en vertu des nombreuses courbes et des paysages spectaculaires. L’Orientale Sarda, entre Dorgali et Tortoli (Arbatax), est une des plus belles routes de Sardaigne. Elle traverse des paysages de montagne sauvage, aride et austère.

SARDAIGNE-5143.JPGOn passe par le col de Genna Silana pour apercevoir le canyon de Goroppu, puis les villages d’Urzulei et de Baunei (vue superbe entre terre et mer). Ces 66 kilomètres de route de montagne et de virages sont un pur bonheur. Les paysages sont grandioses et il n'est pas rare de rencontrer chèvres, moutons, chevaux sauvages et cochons noirs au bord de la route.

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Si vous aimez la Sardaigne respecter sa beauté et sa nature 


On fait une halte à la plage de Cala Gonone pour y pique niquer. Nous reprenons notre route à partir de Dorgali la capitale du nougat Sarde, ensuite la route jusqu'a Oliena est trés agréable, puis nous continuons notre itinéraire jusqu'à Orgosolo, bourgade accrochée aux montagnes du Supramonte et dont les ruelles pentues laissent parfois entrevoir un superbe panorama dolomitique, souvent décrit comme "le bastion de l'identité Sarde".

SARDAIGNE-5155.JPGIl semble en effet que la population, aujourd'hui encore pastorale, du canton d'Orgosolo concrétise à elle seule le mythe de l'irréductibilité de tout le peuple Sarde, ce qui n'est pas pour me déplaire quand on connait mes opinions avec l'identité niçoise et celle de mon association. Le territoire d'Orgosolo fut le haut-lieu historique du banditisme d'honneur (une "spécialité" sarde), et de sa répression (une "spécialité" étrangère).

SARDAIGNE-5156.JPGRappelons que le banditisme d'honneur est l'expression des conflits survenus entre la population insulaire, vivant selon un code ancestral peu ou pas écrit, et une force d'occupation continentale imposant par la force un code étranger. Comment bien sur ne pas penser à ce moment la à nos glorieux (résistants) barbets qui ont combattu farouchement les troupes d'occupation de la république française et qui étaient traités de bandits, alors qu'ils défendaient la liberté de leur pays.

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L'homme blanc a emmené avec lui un morceau de papier, il nous a demandé de le signer, lorsque nous avons appris l'anglais, nous nous sommes aperçus, qu'avec ce papier... nous avions, perdu notre Terre.


 La saga des bandits* d'honneur, farouche et orgueilleuse, romantique et teintée de magie, reste vivante dans les mémoires sardes. En tout cas, ce passé dramatique justifierait à lui seul l'imagerie contestataire qui fleurit sur les murs d'Orgosolo et qui fait de cette bourgade perdue un haut-lieu artistique international. Trois bonnes centaines de peintures murales remarquables, attirent ici touristes et aficionados du Muralisme.

SARDAIGNE-5165.JPGPerdez vous dans ce village aux murs peints par des artistes, un village qui porte le message du monde, un endroit rare ou l’actualité se mêle à la contestation, ou le règlement de compte se fait par murs interposés, ou le bonheur se lit sur la muraille ou la couleur porte le message.

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Les peintures murales d'Orgosolo constituent un phénomène social, artistique et politique unique en Europe. Tout a commencé au XIXe siècle. Les habitants d'Orgosolo esprits de bergers fiers et libres, ne voulaient pas se soumettre aux lois policières du gouvernement de la nouvelle Italie unifiée (ce fut le cas avec le pays de Nice en 1871). Réfractaires, solidaires, ils donnèrent du fil à retordre à la police italienne.

SARDAIGNE-5171.JPGNe dit on pas aussi qu'Orgosolo était un repère de bandits d'honneurs sardes réputés imprenable ? Le passé explique souvent le présent. Les rebelles d'hier ne sont plus des bandits* cachés dans le maquis, mais des citoyens d'aujourd'hui animés par une forte conscience politique et sociale. L'histoire des peintures murales débute en 1969. Cette année la, le gouvernement italien décida, sans demander l'avis des habitants, d'implanter un grand camp militaire sur des milliers d'hectares. Les habitants refusèrent le projet et s'organisèrent en mouvement de contestation pour en empêcher la réalisation.

SARDAIGNE-5179.JPGLa lutte fut longue et difficile. Pour exprimer leur mécontentement et leur hostilité à l'implantation du camp, des anarchistes venus de Milan, associés à des artistes locaux autodidactes, commencèrent à peindre des slogans politiques sur les murs. Les slogans révolutionnaires et libertaires furent de plus en plus nombreux, inscrits dans de vastes et belles peintures murales. Ainsi débuta le phénomène des murs peints de la ville. L'hostilité et la ténacité des habitants dans le combat finirent par être victorieuse et le projet de camp militaire fut annulé.

SARDAIGNE-5189.JPGDepuis cette époque, le mouvement muraliste d'Orgosolo a pris une telle ampleur que la ville figure maintenant comme une cité emblématique de cet art populaire en Italie et dans toute l'Europe. Les thèmes sont très liés à la politique locale, nationale et à l'actualité internationale. Le principe est de ne jamais les restaurer. La peinture murale peut perdre de son éclat en veillant, mais son génie traverse les âges.

SARDAIGNE-5194.JPGJe rappelle ici que la Sardaigne est devenu une région autonome, elle permet aux sardes de prendre en main le destin de leur ile. Depuis la plus vieille terre d'Italie (Royaume de Piémont Sardaigne dont Nice était rattaché) a su parfaitement allier tradition et modernité. Tout cela contribue à attirer les amateurs de tourisme intelligent (c'est à dire le tourisme vert, écologique et alternatif).

SARDAIGNE-5200.JPGIl n'y a pas plus accueillant que le "bandit" sarde pour qui tout visiteur étranger est sacré. A quand un Comté de Nice autonome séparé d'une région PACA qui ne lui correspond pas culturellement et dont nos impôts servent à éponger les dettes et le déficit d'une région Marseillaise qui vit sur le dos des autres .... Nice est très lié historiquement à la Sardaigne ou beaucoup de niçois ont des souches Sardes. Nous devons absolument faire un pont et privilégier ceux qui dépendent de nos racines et se tourner de nouveau vers les notres....

SARDAIGNE-5203.JPG *Corbeddu Giovanni est le combattant Sarde contre l'oppresseur comme le fut le barbet et martyre niçois Lalin Fulconis éxécuté par les soldats de la république. Roi du maquis et homme d’honneur, Robin des Bois de la Barbagia. Ce « bandit d’honneur » doit sa réputation à sa générosité qui lui donna un grand prestige et à ses combats contre l'envahisseur, c’est à lui que d’autres bandits et des propriétaires terriens menacés dans leurs biens faisaient appel.

SARDAIGNE-5206.JPGL’épisode auquel est attaché son nom est celui de l’enlèvement et la séquestration de deux Français, négociants en bois, entre Seulo et Aritzo, par une bande d’une douzaine d’hommes qui réclamait une rançon de 100 000 lire. Le président du conseil d’alors, redoutant un incident diplomatique avec la France, chargea le préfet de ce délicat problème. Celui-ci demanda la collaboration du redouté et respecté Corbeddu. En deux semaines le Robin des Bois de la Barbagia fit libérer les deux otages et refusa la récompense de 20 000 lires qui lui avait été promise. Cet heureux dénouement contribua encore à sa notoriété et à sa légende.

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*Mythe ou réalité, légende ou romance ? Aujourd'hui encore, les mauvaises langues prétendent que les femmes d'Orgosolo répugnent à épouser un homme qui n'aurait pas connu la prison... Dans le Supramonte, on rencontre encore régulièrement ces vieilles dames à la jupe plissée noire longue, et au long chale brun de laine qui couvre la tete, le dos, et descend presque jusqu'au genou. Elles sont toutes pareilles, courbées par le temps, veuves et encore toujours à pied. Fiéres de leur origine et de leur identité pour le seul pays qui compte à leurs yeux.

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L'identité est notre mémoire, la refuser c'est mourir dans le desespoir

 

Voici une traduction que j'aime bien dans une photo que l'on voit dans mon diaporama: Lorsque les premièrs missionnaires, arrivèrent en Afrique, nous avions la terre et eux la bible. Alors nous avons fermé les yeux en priant. Lorsqu'on les ouvrit à nouveau, nous avions la Bible en main...Et eux avaient la Terre...

Viva la liberta é la countea, forza Nissa per sempre....


                                 DIAPORAMA DE LA BALADE



  

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