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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 09:56

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Stephane fait le co pilote et dirige notre chauffeur sur les pistes Cambodgiennes

Le souvenir des « Boat People » arrivant dans notre pays n’est pas si lointain que cela pour la génération qui est la mienne ! L’Europe de mes parents avait connu le nazisme, ce pays d’Asie a connu le communisme. Ceux qui en avaient les moyens ont été sauvés et évacués avant l'arrivée des communistes par la voie des airs. D'autres sont partis après par la voie des mers, en espérant être aperçu par un navire voulant bien les accueillir. Ce sont les Boat-People qui ont échappé au plus terrible des génocides.

Cambodge-3998.JPGAncien protectorat français intégré à l'Indochine française, le Cambodge a obtenu son indépendance le 9 novembre 1953, à la fin de la guerre d'Indochine. Devenu une monarchie constitutionnelle (depuis 1947) dirigée par le roi Norodom Sihanouk, le pays affiche une politique de neutralité en ce qui concerne la guerre du Viêt Nam, mais soutient en réalité la République Démocratique du Viêt Nam dès 1966, laissant transiter par son territoire des troupes et des fournitures à destination du Front national pour la libération du Viêt Nam. Alors débute le contentieux khméro-vietnamien, des incidents frontaliers qui ont poussé les Vietnamiens à passer la frontière en 1979.

Cambodge-4375.JPGConfronté, à partir de 1967-68, à une insurrection fomentée par les Khmers rouges* , des rebelles communistes d'inspiration maoïste , avec une économie qui va de mal en pis, Norodom Sihanouk, doit se résoudre à confier le 14 août 1969 la direction du gouvernement au général Lon Nol, son pilier militaire, connu pour son anticommunisme, en échange d'une aide américaine. Le 18 mars 1970, Lon Nol, poussé par le prince Sirik Matak, de la branche Sisowath concurrente, renverse Sihanouk en déplacement à l'étranger  et instaure la république khmère. Devenu allié des États-Unis, le Cambodge est alors intégré à la stratégie d'endiguement du communisme en Asie du Sud-est.

Cambodge-4391.JPGAvec l'appui de la Chine (ne l'oublions pas), les Khmers rouges déclenchent alors une véritable guerre contre les forces gouvernementales. En sus de cette guerre civile, le pays est entraîné dans la guerre du Viêt Nam. Dès 1970 les Khmers rouges sont en passe de gagner, mais les États-Unis interviennent et sauvent provisoirement le régime républicain (avril-juin 1970). Mais lorsqu'en 1973 les États-Unis se désengagent de la région, leurs frappes aériennes n'ont pas réussi à arrêter la menace communiste de plus en plus aidées par la Chine et l'URSS. Les Khmers rouges de Pol Pot, avec le soutien de la Chine prennent Phnom Penh le 17 avril 1975 et installent un régime autoritaire maoïste.

Cambodge-4394.JPGL'«Angkar» (organisation) des Khmers Rouges applique alors une politique maximaliste, plus radicale encore que celle des soviétiques et des maoïstes chinois, visant notamment à purifier le pays de la civilisation urbaine. Les villes, à l'image de Phnom Penh dans la nuit du 17 au 18 avril 1975, sont vidées de leurs habitants, envoyés en rééducation dans les campagnes. La traque systématique des anciennes élites, "identifiées" parce que parlant des langues étrangères (Français) ou portant des lunettes (par exemple), ajoutée aux mines , à la malnutrition et aux maladies aboutit à des massacres de masse et à une catastrophe humanitaire d'origine politique sans précedent.

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  Le chiffrage du nombre de victimes est un travail difficile et sur lequel les historiens ne sont pas encore parvenus à un consensus. Le chiffre de 2 millions de victimes directes et indirectes est le plus communément admis. Certains intellectuels voudraient que cette «autodestruction khmère» soit reconnue par les Nations unies comme un génocide, mais elle ne correspond pas à la définition d'un génocide, puisque les critères de choix des victimes ne correspondaient pas à un groupe national, ethnique, racial ou religieux (article 6 de la Cour pénale internationale).

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  Le 25 décembre 1978, le Viêt Nam envahit le Cambodge et provoque la destruction des rizières, provoquant l'effondrement du régime des Khmers rouges.  Les autorités vietnamiennes installent un gouvernement proche de leurs intérêts et réorganisent le pays selon le modèle laotien et vietnamien. Une guérilla rassemblant des mouvements divers allant des Khmers Rouges au mouvement royaliste appuyé par la Thaïlande fait alors rage dans le pays.

Cambodge-5618.JPGAprès le départ des forces du Viêt Nam en 1989 et l'envoi de forces de l'ONU au début des années 1990, le régime retrouvera peu à peu un semblant d'autonomie tout en restant régulièrement dénoncé pour ses atteintes aux droits de l'Homme. Le premier ministre actuel Hun Sen, placé au pouvoir par le Viêt Nam donc la chine, dirige le pays depuis cette période, et s'est maintenu au pouvoir grâce à trois élections douteuses successives dans un climat patent de violence politique.

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Le principal opposant, Sam Rainsy, s'est réfugié à Paris en 2005. Le roi Norodom Sihanouk, redevenu chef de l'état, a abdiqué une seconde fois en 2004 au profit de son fils cadet Norodom Sihamoni, ancien danseur classique et ambassadeur du Cambodge auprès de l'Unesco à Paris.

Cambodge-6742.JPGLe Cambodge est aujourd'hui confronté à une série de choix douloureux. Son économie, qui dépend encore très largement de l'aide internationale (en 2001, un tiers du budget de l'État provenait de donateurs internationaux), souffre d'une corruption très importante (pays classé 162e sur 179 de l'Indice de perceptions de la corruption Transparency International en 2007).

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De nombreux trafics (pierres précieuses, bois, filières de prostitution, drogues) en direction des pays voisins et un système judiciaire de qualité médiocre pénalisent le développement économique. D'autres problèmes hérités du désastre Khmer rouge obèrent aussi le développement du pays comme la question des terres (le cadastrage est encore loin d'être finalisé) ou l'éducation, le système éducatif ayant été complètement détruit par les Khmers rouges (enseignants assassinés, etc.).

Cambodge-6987.JPGDepuis son arrivée le Premier Ministre Hun Sen s'est rapproché à la fois de la Chine et aussi des États-Unis. Ainsi, deux bases navales américaines ont été ouvertes en toute discrétion il y a quelques années près de Sihanoukville et l'ambassade américaine, récemment construite dans le centre de Phnom Penh, surprend par son ampleur. Qui plus est, une politique d'anglicisation intensive du pays a été également entreprise depuis l'accession de Monsieur Hun Sen au pouvoir. On citera par exemple les "Gendarmeries nationales" devenues "Police Stations", les plaques d'identité des policiers transcrites en anglais (les anciennes, en français, sont vendues au marché noir), l'administration qui est passée à l'anglais ou encore la poste (les timbres ne mentionnent plus "Royaume du Cambodge", mais "Kingdom of Cambodia")...

Cambodge-8445.JPGLa langue française n'est quasiment plus pratiquée ni comprise dans la population, surtout dans les tranches d'âge plus jeunes. L'anglais est véritablement devenu indispensable pour circuler dans le pays, même dans les hôtels ou commerces appartenant à des Français, ou de tradition française, où la langue de Molière n'est plus pratiquée. Dans les commerces et les hôtels, les prix sont affichés en dollar américain, et la plupart des transactions se font dans cette devise (comme la taxe pour sortir du pays, par exemple.)

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  Actuellement, le secteur touristique et le textile (présence de grandes chaînes internationales de prêt-à-porter) sont les principaux pourvoyeurs de devises du pays. Il y a aussi les casinos ! Le gouvernement cambodgien a eu la roublardise d’ouvrir des casinos à ses postes frontaliers, avec pour résultat l’afflux quotidien de joueurs originaires du Vietnam et de Thaïlande, pays dans lesquels les jeux d’argent sont officiellement interdits.Toutes ces explications m’ont été apportées par un hôte de marque qui nous a si chaleureusement accueillis dans sa résidence privée et qui est un grand défenseur de la démocratie. Un Prince, un Norodom, un musicien à ses heures, un écrivain aussi qui me fit le plaisir de me dédicacer son livre ….

 

                            DIAPORAMA HISTOIRE


*Les Khmères Rouges  ont été éduquées par les Universitaires Communistes Français dans les années 50. De retour au pays ces ignobles individus, ont appliqué Rousseau à la lettre. Ils ont également utilisés les préceptes romantiques de la Révolution Française, dénonciation des parents par leurs propres enfants, utilisé ce précepte terrible qu'est le "Meurtre vertueux" pour assassiner en toute bonne conscience, le crime idéologique, tel que l'ont appliqués nos Révolutionnaires de 1789. Oui ! N'ayons pas peur des mots, ne nous voilons pas la face sur les conséquences  de ceux qui ont légitimé ces dictatures.

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