Petit dejeuner à Siem Reap , Hotel tenu par des franco cambodgiens
Avec Soso, je suis partis au Cambodge et au Vietnam sans certitudes mais avec des images empruntées depuis plusieurs années par nos amis cambodgiens ,des rêves, des fantasmes, et ils se sont peu à peu dissipés pour devenir des émotions, des souvenirs, des échanges ; c’est sûr, ce voyage nous a touchés même si l’on ne sait pas encore dans quelle mesure et sans que la question soit importante ; oui il a changé quelque chose, oui nous sommes toujours les mêmes et nous sommes différents à la fois, oui ces gens, ces lieux, ces monuments, ces moments ont laissé leur empreinte, tout est neuf et tout est différent, alors il n’y a pas de fermeture, alors il n’y a pas de parenthèse mais un voyage qui continue de vivre en nous et sans doute pour toujours.
Chacun vit sa vie comme il peut, comme il veut, où qu’il soit et la découverte et la rencontre d’autres rêves, d’autres valeurs, d’autres priorités, d’autres croyances, d’autres cultures, c’est un peu une bouffée d’oxygène, un coup de pied dans les habitudes, une vue qui s’élargit, des a priori qui tombent, une bulle de certitudes qui éclate, et ça fait du bien, et c’est essentiel ! Alors voilà quand on a intégré tant de besoins et qu'ils nous semblent tous vitaux. Dans un pays comme le Cambodge, on se rend compte qu'on a vraiment trop de choses, et qu'on passe beaucoup trop de temps coupés des nôtres pour acquérir tous ces biens superflus.
La France a oublié un petit peu tout cela et je ne commencerai pas à polémiquer sur les causes politiques de ces dernières années et sur les effets néfastes qui rongent notre société à cause de ces politiciens à qui j'en voudrais toujours pour avoir égratigné mon beau pays. Le départ pour l'Europe imperceptiblement se rapproche, le départ de ce même aéroport, et pourtant, une infinité de petits riens a tout changé et me voilà autre que celui qui est parti. Je ne suis peut-être pas plus avancé, je n'ai peut-être pas compris plus de choses, sûrement même je ne sais rien mais au moins je sais que je ne sais rien (comme dirait l’autre).
Ce voyage au Cambodge a été très enrichissant, très intéressant, et surtout fort en émotion ! Comme vous avez pu le constater, ce fut un voyage à la fois rempli d’aventures, d’émotions et en même temps c’est resté de vraies vacances ! Entre la visite des temples, les randonnées, les sauts, les marchés, le train, le bus ou les touk touk, tous ces beaux paysages et bien entendu les cambodgiens !
Les cambodgiens sont très gentils, toujours souriants, très serviables et bosseurs. Le fait de voyager avec nos amis qui nous ont tout le temps accompagné a vachement aidé à notre intégration dans le pays, mais aussi à passer facilement les entrées sans avoir à payer le tarif touriste par exemple ou à côtoyé un Prince et une Princesse, un ministre et une ministre , un journaliste veteran du Vietnam. Déjà je ne m’attendais pas à ce que les grandes villes comme Phnom Penh et Siem Reap soient aussi développées.
A la villa du Prince Norodom Sirivudh
Les cyber-cafés, fast-foods et grands centres commerciaux commencent à pousser un peu partout, un début de démocratie et de liberté. Après, c’est l’architecture des maisons, l’ambiance générale qui règne dans les rues, les marchés locaux et autres échoppes dans la rue, mais aussi le comportement des cambodgiens, qui font que le Cambodge reste un pays authentique. Les cambodgiens ont le sourire, ils sortent lentement du cauchemar absolu et l`avenir semble prometteur.
Alors voilà. On a intégré tant de besoins qu'ils nous semblent tous vitaux. Dans un pays comme le Cambodge, on se rend compte qu'on a vraiment trop de choses, et qu'on passe beaucoup trop de temps coupés des nôtres pour acquérir tous ces biens superflus. L'intense activité et la vitalité qui existent à la ville comme à la campagne, les sourires et les rires omniprésents empêchent tout misérabilisme. Les Cambodgiens sont un peuple heureux. Ils vivent majoritairement à la campagne, où peu d'argent suffit.
À Phnom Penh, il y a beaucoup d'activités, de déplacements. Les gens travaillent tout le temps, mais différemment. Beaucoup du travail visible à la ville consiste à attendre le client, ce qui en soi n'est pas épuisant, surtout quand ça se passe en famille, à la maison. À la ville, et dans les petits bourgs le long des routes, les cafés sont remplis d'hommes. Il règne une certaine nonchalance, malgré le bourdonnement des motos omniprésentes comme dans une ruche.
À la campagne, il y a le dur travail des rizières, qui n'a pas changé depuis la nuit des temps et qui occupe la majeure partie de la population. C'est un travail collectif, rythmé par la pousse du riz qu'on repique, des mauvaises herbes qu'on arrache. Ils possèdent leur maison bâtie souvent par eux-mêmes, en bois, en bambous, avec des toits de palmes. Ils n'ont pas de loyer à payer, l'eau n'est pas chère, l'électricité l'est un peu quand elle existe !.
Il n'y a relativement peu de chômage tel que nous le connaissons, il y a plein de petits boulots informels; mais avec la crise, des centaines de milliers d'ouvrières ont été licenciées. Les ONG, très nombreuses au Cambodge, ne suffisent pas et servent à pallier le désintérêt de l'État, qui par exemple n'a pas jugé bon d'inscrire l'éducation au nombre des actions prioritaires pour le développement, comme le sont la santé ou l'agriculture...
Pour mieux aller à la rencontre des Cambodgiens, il faut quitter les nouvelles routes et la cohue. Vous devez prendre les pistes, dont certaines ont été fraîchement rénovées. Le truc est de se balader avec un but de promenade, un temple hors des circuits classiques par exemple, dont on a appris le nom par cœur. S'arrêter aux embranchements pour demander sa route et en profiter pour faire la causette. C’est le fun qui fonctionne comme souvent chez moi et je ne pourrais pas faire un voyage planifié par un tour operator. Enfin pour l'instant !
Quelques mots de cambodgien suffisent bien que nous avons eu la chance d’avoir nos traducteurs attitrés pour se périple ! Les habitants des campagnes n'espèrent pas pouvoir discuter philosophie avec un étranger. Partager une cigarette ou une tasse de thé en échangeant quelques salutations est un plaisir mutuel. Il est rare de trouver dans les campagnes quelqu'un qui parle français ou anglais. Il faut dire que pour les Khmers rouges, ceux qui parlaient une autre langue étaient forcément des intellectuels...donc à éliminer ! Mais comme partout, une bonne gestuelle remplace beaucoup de mots.
Chez nos amis à Bangkok
D'ailleurs les autorités elles-mêmes, plutôt que de faire des longs discours, préfèrent placarder des affiches très explicites visuellement.
Quel est le secret des Cambodgiens ? La fin des invasions et occupations successives a-t-elle suffit à leur donner une telle faculté de sourire, d'accueillir, de travailler dans des conditions aussi dures, sans essayer d'arnaquer les touristes ? Je suis inquiet : cela va-t-il durer ? Le Cambodge et les Cambodgiens pourront-ils préserver leur charme et leur âme ? Je suppose que le Cambodge actuel est ce que la Thaïlande à pu être il y a 40 ans de cela !
L'appart à Bangkok
Le temps est venu de quitter ceux qui ont accompagné et illuminé ma route asiatique pour mieux retrouver ceux qui sont ma lumière du quotidien... ma famille et vous mes amis blogueurs !
A la frontiere cambodgienne avec le fils du ministre de l'interieur.
DIAPORAMA DE LA FIN