La porte impériale pour rentrer dans Sabbioneta
Ne vous fiez pas au nom qui vient des établissements d'urinoirs publics à Rome au temps de l’empereur. Mais du nom du duc, créateur de la splendide ville Renaissance de Sabbioneta dans la province de Mantoue. C'est parmi les plus beaux endroits de l’ensemble Lombardie, Sabbioneta. Elle est belle parce qu'elle est unique et parce qu'elle contient un rêve. Son nom dérive du sable, les dépôts alluviaux que le Pô et l'Oglio laissent derrière eux.
les remparts tout autour du village, 3 km de long et 6 m de hauteur (pour comparer, c'est le double de ceux de Aigues-Mortes)
Ici, dans ce lieu à l'époque reconquise, par Vespasien Gonzague Colonna, voulait construire sa "ville idéale". Une ville qui, appartenant aux plus beaux villages d'Italie, est désormais protégée par l'UNESCO.
Le palazzo Giardino
Et ça, le rêve qui lui a donné la vie, se raconte encore dans son exception urbaine, artistique et architecturale, dans son aspect Renaissance, et dans la perfection de ses édifices. Si avant d’aller à Mantoue, on m’aurait dit « va voir Sabbioneta », j’aurai dit « mais c’est qui Sabbionetta, une marchande de sable ?, comme dans bonne nuit les petits » Je n’avais jamais entendu parler de ce patelin avant !
Surnommée "la petite Athènes de la Renaissance", Sabbioneta est une ville italienne située prés de Mantoue (Mantova), en Lombardie. Comme Mantoue, Sabbioneta était gouvernée par la maison Gonzague et est aussi classée au Patrimoine Mondial de l’Unesco en tant que témoin de l’architecture et du style Renaissance.
Jardin du palazzo Giardino
La différence entre les deux villes réside dans leur construction: alors que Mantoue s’est peu à peu transformée à la Renaissance, laissant cohabiter des bâtiments plus anciens avec les nouveaux, Sabbioneta a été entièrement bâtie dans la seconde moitié du XVIème en suivant les principes de la Renaissance (la Renaissance voit le jour en Italie).
La piazza ducale
Elle est vue comme la "Cité idéale de la renaissance", dans laquelle tous les principes d’urbanisme de cette époque ont été appliqués. Le plan de la ville est donc parfaitement orthogonal et les bâtiments présentent une architecture entièrement uniforme.
L'église San Rocco
Sabbioneta est un véritable musée à ciel ouvert: la richesse des lieux à voir est impressionnante pour une ville (plutôt un village) de cette taille. Une ville à mesure d’homme. Vespasien de Gonzague décida de s’en faire construire une, selon sa volonté et ses désirs. Une ville qui naquit et mourut avec lui, après avoir célébré la puissance seigneuriale de l’une des dynasties les plus prestigieuses du Rinascimento.
l’église de l'Incoronata
Dans la seconde moitié du riche et fastueux XVIe siècle, Sabbioneta fut effectivement un lieu d’élection débordant de vie, de fêtes et de bals, de lectures et de conversations. On respire encore, plus de quatre siècles plus tard, l’atmosphère de la ville de jadis : une “ville idéale”, ni plus ni moins.
Le Duomo
On entre à Sabbioneta par une des deux portes monumentales de la Sabbionetana, la route qui relie la ville à Mantoue. Dès qu’on en franchit le seuil, on ressent un certain décalage, une sensation d’irréalité. Comme si l’on était dans une autre époque.
Ici en Italie, une simple église à la grandeur d'une cathédrale...
A l’âge de 13 ans, en 1544, Vespasien de Gonzague fut envoyé en Espagne à la cour impériale de Charles V pour être page d’honneur de l’infant Philippe. Et c’est à l’âge de 27 ans, après avoir affiné sa conscience en assumant des responsabilités d’un certain poids pendant des années, qu’il décida de faire construire une ville à sa mesure.
Le plafond en bois de la salle des empereurs
Ses études d’architecture militaire, menées parallèlement à son éducation classique et humaniste, lui furent fort utiles. Vespasien imagina et dessina sa ville avec une fol enthousiaste et un grand esprit de décision. Les maisons du bourg médiéval préexistant, qui gênaient son plan, furent “déplacées”. Les rues furent disposées selon un ordre orthogonal, de sorte que les croisements laissent apparaître une vue ordonnée et harmonieuse.
Mon soutien au peuple d'Israel contre le Hamas terroriste et ses amis de LFI
Les espaces dévolus à la cour furent regroupés dans un endroit particulier, non loin mais à l’écart du reste de la ville le palais du jardin, tandis que le Palazzo Grande (futur palais ducal), destiné à l’administration et au gouvernement, partageait le coeur de la cité avec l’église Sainte-Marie-de-l’Assomption, destinée à la population.
Statues équestres représentant Vespasien Gonzague
Le Palazzo del Giardino, très impressionnant de par sa taille et la richesse de la décoration de ses pièces. La Chambre des époux et les fresques de cette chambre offrent un ravissement pour le regard, qui chemine d’arbres en collines bucoliques, avec au plafond, un ciel bleu azur peuplé de personnages mythologiques.
La salle des éléphants
D’un côté, une scène de la cour princière dans un décor évoquant Rome, de l’autre, une rencontre en plein air. Dames et servantes, angelots aux poses indiscrètes, et même un paon… Tous sont là, plus vrais que nature, ouvrant sur un ciel perçant un décor fastueux entièrement peint en trompe-l’œil !
Gonzague sur son cheval
Du sol au plafond, c’est une véritable chambre d’illusions. Sur un mur, le condottiere Louis III Gonzague trône, simplement vêtu d’une robe de chambre et de pantoufles, entouré de son épouse Barbara de Brandebourg et de sa cour, lisant la missive transmise par un messager tout en lui tendant l’oreille.
Le Palazzo ducale est la résidence du duc et siège administratif, le Palais Ducal permet de reparcourir l'histoire des seigneurs de la ville. La Salle des Habsbourg est décorée par des médaillons aux effigies des empereurs Maximilien II et Rodolphe II, dans la Salle des Gardes on retrouve le blason de la maison royale d'Espagne.
Diaporama les robes des princes et princesses Gonzague
La Sala delle Aquile expose les statues équestres des Gonzague, particulièrement évocatrices. Vespasien voulait que Sabbioneta soit toujours plus belle et plus grande, une ville culturellement éclairée. Il ne lui manquait qu’une chose : un théâtre.
Le théâtre à l'antique et la reproduction des bâtiments de Sabbioneta sur scène
Aussi fit-il appel à l’architecte Vincenzo Scamozzi, élève de Andrea Palladio (l'un des plus grands architectes qui inspire toujours aujourd'hui), qui conçut et construisit, entre 1588 et 1590, un “théâtre olympique à l’antique” destiné aux nobles. La structure est celle traditionnelle des théâtres classiques, avec des gradins en bois disposés en amphithéâtre et, en haut, face à la scène, une magnifique colonnade surmontée de statues représentant les divinités olympiennes.
La colonnade du théâtre représentant les divinités de l'Olympe
Latéralement, deux grandes fresques célèbrent une fois de plus Rome : d’un côté, la place du Capitole, de l’autre, le château Saint-Ange. La particularité de ce théâtre est que le lieu est complètement fermé. Sur la scène, qui est fixe, le spectateur revoit les palais de Sabbioneta (une reconstruction réalisée en 1996 sur la base des descriptions de Scamozzi).
Exposition du sculpteur dessinateur Aldo Falchi dans le palais ducal
Aujourd’hui, Sabbioneta compte 350 habitants intra-muros et 4 800 de l’autre côté de l’enceinte de brique rouge. Sabbionetta fait partie de ces endroits en Italie complètement méconnus des touristes et qui sont pourtant un véritable trésor d’oeuvre d’art et d’architecture.
* Une grande partie des châteaux de la Loire furent construit et décoré par les architectes et artistes italiens.
DIAPORAMA SABBIONETA