Esplanade Bourguiba
Le Mausolée de Bourguiba, où repose le premier Président de la République tunisienne, Habib Bourguiba, et sa famille est sans doute le site le plus visité de Monastir. Le père de l’indépendance tunisienne a eu une vie passionnante et a travaillé pendant plus de 30 ans pour faire de la Tunisie un Etat moderne.
Place du président Bourguiba
Bourguiba a notamment lutté pour les droits des femmes, allant même jusqu’à donner le choix de l’avortement à la femme ou encore le droit de vote dès les années 60. Avec l’éducation pour tous, la Tunisie fut même le premier pays du Maghreb à avoir une femme pilote d’avion…
L'allée qui mène au mausolée
La plupart des tunisiens lui vouent encore à l’heure actuelle un vrai culte, même si la montée de l’islamisme remet depuis lors en question pas mal de ses réformes, malheureusement.
Le mausolée Bourguiba à Monastir
La visite du mausolée est libre et bien sur accessible à tous, hommes et femmes. Le bâtiment est impressionnant, aussi bien de l’extérieur que de l’intérieur: on se croirait dans un conte des Mille et une nuits…
Le Taj Mahal pour Soso ?
Le 6 avril 2000, après treize ans « d’assignation à domicile » à la suite du coup d’État de Ben Ali en 1987, l’ex-président Habib Bourguiba rend son dernier souffle. Il rejoint alors le mausolée où reposent déjà ses parents et sa première épouse, également mère de son fils unique, Moufida Bourguiba, née Mathilde Lorrain.
Une sorte de Taj Mahal tunisien
Sa seconde épouse, Wassila, dont il avait divorcé en 1986, n’y est pas. Car c’est lui qui a voulu ce mausolée, dont les travaux ont démarré en 1963 et ont duré plus de dix ans. Il a été conçu par l’architecte juif tunisien Olivier Clément Cacoub conseiller de l’État à qui l’on doit aussi le palais présidentiel de Carthage, l’hôtel Africa, l’acropole du stade El Menzah et le palais des festivals à Cannes.
dans la cours du mausolée
Le premier président tunisien avait choisi de bâtir son mausolée dans le cimetière Sidi el-Méziri de Monastir, ville côtière où il est né située dans le centre-est du pays, sur une presqu’île. Le cimetière est entouré par la mer, le fort al-Ribat (la plus ancienne forteresse du Maghreb) et la muraille de la ville.
le portail d'entrée vu de l'intérieur
Depuis la révolution de 2011 en Tunisie, de nombreux leaders tunisiens et étrangers ont pris coutume de se recueillir sur sa tombe chaque 6 avril, date de sa disparition. Après son élection, le président tunisien Kais Saied s’y est rendu et y a déclaré que Habib Bourguiba avait « fait partie de l’histoire de la Tunisie et avait mené une révolution au cœur de la société tunisienne, dans les domaines de l’éducation, de la santé, ainsi que dans la sphère du statut personnel ».
les deux grands minarets
Une allée de 200 mètres de long et 30 mètres de large, bordée de palmiers, sépare le mausolée de la route principale, avec des tombeaux à gauche et à droite. Elle est aujourd’hui un lieu de rencontre et de divertissement pour les habitants.
Partie centrale du mausolée surmontée d'un grand dôme doré
La grande avenue pour y accéder est elle aussi impressionnante, bordée de grands drapeaux tunisiens. Deux carrés ornent l’allée. L’un, baptisé le « carré des martyrs », abrite les dépouilles de sept martyrs de la colonisation. L’autre sert à la présentation des condoléances.
De style arabo-musulman moderne, l’édifice comprend deux minarets en marbre de 25 mètres, un dôme d’or et deux petites coupoles vertes. Des poèmes écrits en l’honneur de l’ex-président sont gravés sur les minarets. Des couloirs en arcade encadrent la construction.
le tombeau de Bourguiba
Dans son aspect général, l’œuvre est souvent comparée au Taj Mahal, mausolée de marbre blanc construit par l’empereur moghol musulman Shâh Jahân en l’honneur de sa femme à Agra, en Inde. Néanmoins, l’ornement en stucs, la céramique de Qallaline sur les arcades, le bois de cèdre sculpté rappellent l’artisanat tunisien traditionnel.
Le lustre de 3.5T
La touche tunisienne de la décoration se perçoit aussi dans l’esthétique de la porte principale et les niches murales. Ornées de motifs géométriques, d’une arcade en noir et blanc et soutenues par des colonnes en marbre de part et d’autre, elles renvoient aux portes traditionnelles tunisiennes, qu’on retrouve aujourd’hui souvent dans les médinas.
Bab Soso
Sous la coupole dorée se tient un lustre de 3,5 tonnes, composé de 365 perles en verre, symbolisant le nombre de jours de l’année. Sur la porte principale du mausolée est inscrit en l’honneur de Bourguiba : « Le combattant suprême, bâtisseur de la nouvelle Tunisie, émancipateur de la femme ».
Bureau, livres et objets appartenant au président
A l’extérieur, la piscine est désormais vide et la fontaine musicale devant l’entrée principale, une curiosité à l’époque, ne fonctionne plus. Mais à l’intérieur de l’édifice, la plus grande partie de l’infrastructure a été préservée ainsi que le mobilier, œuvres des architectes et décorateurs français Maxime Old, André Leleu et Raphaël.
Du salon marocain offert par l’ancien souverain du royaume chérifien Hassan II, à la coiffeuse de la fille de Bourguiba, Heger, tout a été restauré lorsque l’édifice a été rendu à l’Etat et classé monument historique en 2002.
Dans le salon et la salle à manger qui servaient aussi de lieu de réunion pour les conseils des ministres, des tapisseries margoum (tissages en laine) réalisées par l’Office de l’artisanat de la région de Gafsa, ornent les murs. Les motifs célébrant la pêche, l’agriculture et même les fleurons industriels rendent hommage au développement économique de la Tunisie.
Le bâtiment regorge de richesses architecturales et décoratives, novatrices pour l’époque, comme un toit-terrasse surmonté d’une ombrière. Le palais reste dénué de fioritures ou d’apparat, selon la volonté de l’ancien président. Mais, dans les chambres où étaient fréquemment reçus autrefois ministres et invités, la propagande se lit en filigrane à travers les nombreux portraits de Bourguiba, notamment celui le représentant en train de nager dans la baie de Monastir.
la cours intérieure
Avec ce monument, l’ex-président souhaitait perpétuer son nom et son souvenir pour les générations à venir. En octobre 2013, une tentative d’attaque dans les lieux a été déjouée. Un jeune homme en possession d’explosifs a été arrêté. Depuis, la sécurité a été renforcée par la garde présidentielle.
Dans une salle qui abrite un petit musée, sont exposées les affaires personnelles du président, dont son bureau, ses livres favoris, ses portraits, son stylo, ses lunettes et son emblématique carte d’identité portant le n° 0000001. C’est Habib Bourguiba lui-même qui a sélectionné les objets à exposer.
L'entrée du palais Bourguiba à Skanés
Cet homme d’Etat représente un des leader de l’indépendance Tunisienne, souhaitant faire de cet Etat un pays moderne et égalitaire. Il obtient l’indépendance de la Tunisie en 1956 et dirige le pays pendant 30 ans ! Il est connu pour avoir défendu de nombreuses causes dont l’égalité homme/femme.
Petit port de pêche devant la villa de Bourguiba
L’entrée au Mausolée est totalement gratuite ! Et pas besoin de se couvrir le corps pour les femmes. Allez-y en fin d’après-midi car le coucher du soleil sur le monument est apparement magique ! Ensuite, je pars en promenade (7km) à l’ancienne résidence d’été de Habib Bourguiba, à Skanès, près de Monastir, il faut se frayer un chemin dans un dédale d’habitations contemporaines.
résidence de Bourguiba à Skanés Monastir
Des vastes et splendides jardins qui entouraient autrefois le palais de Skanès, il ne reste plus rien. Les terrains ont été vendus par lots à des promoteurs immobiliers sous le régime de l’ex-autocrate Ben Ali.
Ben Ali s’efforça, dès son arrivée au pouvoir, d’occulter le souvenir de son prédécesseur. le « palais de marbre » resta fermé. Son réaménagement puis sa transformation en musée en 2013, dans l’effervescence post-révolutionnaire, témoignaient d’une certaine réhabilitation du fondateur de la Tunisie moderne.
Le palais de Bourguiba a été transformé en musée
C’est d’ailleurs l’un des seuls musées qui a ouvert ses portes après l’avènement de la démocratie tunisienne, contrairement au Musée de la révolution à Sidi Bouzid, dont la construction n’a même pas encore démarré.
pécheurs devant la villa
DIAPORAMA MAUSOLEE