Le campanille de Pistoia
Nous sommes dans la région de Soso qui... au musée de Volterra une année précédente, avait trouvé son homonyme en son nom de jeune fille, Solange Pistolesi. C'est le pluriel de filiation de Pistolese (le mot "pistolese" désigne aussi en italien une sorte de poignard. Effectivement à Pistoia ce nom de famille se voit souvent… Pistoia est beaucoup moins fréquentée que les autres villes de Toscane comme Florence, Pise et Sienne, et est à l’écart des grands incontournables touristiques, mais Pistoia mérite tout de même une visite, car la ville abrite une belle cathédrale ainsi qu’un baptistère (octogonal) marbre blanc et vert (n’oublions pas que Carrare n’est pas très loin).
La Cathédrale Saint-Martin de Lucques (Lucca en Italien)
Le beffroi atteint presque les 70 mètres. Il fut reconstruit en 1576 sur une tour lombarde. La Piazza del Duomo est d’ailleurs une des plus belles d’Italie. Nous avons orienté nos pas vers l’ouest jusqu’à la basilique Notre-Dame de l’humilité, dont la coupole, haute de 59 mètres, a été construite au XVIe siècle par Giorgio Vasari (architecte, peintre et écrivain).
On traverse la via del Can Bianco (Pistoia) pour se diriger vers la tour Bemporad du nom d’une vieille et riche famille juive toscane
Le campanile du Duomo San Zeno est également remarquable. Son agréable centre-ville présente de belles façades, dont quelques bâtiments typiques du style romano-pisan, avec ses colonnades superposées et ses alternances de bandes blanches et vertes.
Palazzo Comunale de Pistoia
Il y a aussi l’ancien hôpital transformé en musée avec ses belles fresques vernissées. Ce fut l’un des plus grands hôpital d’Italie, cet hôpital était réputé dans toute l’Europe. C’est ici que fut inventé le mot bisturi.
Harpies représentées aux angles en signe d’avertissement de l'ancien hôpital de Pistoia aujourd'hui musée.
Un grand nombre de populations différentes ont passé et occupé la ville. Des Étrusques, Romains, Byzantins, Lombards et Francs. Importante ville Lombarde passa vers l’an mil sous contrôle Imperial.
L’ospedale del ceppo (bûche) a donné lieu à une légende… Antimo et Biandinella aidaient les moines se dévouant pour les pauvres et les infirmes, quand un jour d’hiver ils trouvèrent une bûche sèche qui bourgeonnait. La nuit suivante, ils rêvèrent que la Vierge Marie leur demandait de fonder un hôpital à l’endroit même où se trouvait la fameuse bûche. Ils firent donc construire l’hôpital en 1277
Ville libre et puissante après, la décadence commence avec la défaite contre Florence en 1306. L’essor florentin ne sera pas partagé avec Pistoia hormis les nombreux monuments romans et de la Renaissance.
La loggia est décorée d'une frise en terre cuite polychrome émaillée réalisé en 1525, et illustre les sept oeuvres de miséricorde
Par contre, le XVII siècle symbolise sa renaissance culturelle, politique et économique. Palais, théâtres, monuments publics sont bâtis et confortent aussi le patrimoine de la Pistoia actuelle.
Nous reprenons la route de Livourne pour rentrer à l’hôtel car la journée est vraiment maussade. Sauf que pour aller à Livourne, on passe devant Lucca (Lucques) et on ne peut pas passer devant encore une fois sans s’arrêter. Tant pis, on sortira la parapluie.
Dans ce tondo la Madone priant dans la gloire du ciel parmi les Anges. Il y a 3 rondo.
Elle aussi est une ville moins connue que ses voisines, Lucca dispose néanmoins de tous les charmes à l’italienne. Sur les bords du Serchio, on y retrouve une forte identité médiévale, agrémentée de remparts et de tours, des places typiques et des églises remarquables.
Lucques a été fondée par les Etrusques avant de devenir une colonie romaine au IIe siècle, d’où remontent les premières fortifications. Place forte du Royaume de Lombardie aux Ve et VIe siècles du fait de ses activités commerciales et textiles (soie), elle devient ensuite République indépendante, de 1160 à 1805 (hormis des brèves périodes d’occupations florentine et pisane au XIVe siècle, puis autrichienne entre 1799 et 1801).
Elle sera dissoute et convertie en Duché en 1815 avant d’être intégrée à la Toscane en 1847. Après s’être garés à l’intérieur des remparts, on découvre « La Mura di Lucca » une enceinte fortifiée datant de 1513.
Son tracé à l'italienne est composée de 12 courtines et 11 bastions, protégeant la ville historique, entourée d’un canal et d’herbe. À l’origine, seules trois portes permettent d’entrer : la Porta San Pietro, la Porta Santa Maria et la Porta San Donato.
Depuis, la Porta Elisa, la Porta Sant’Anna et la Porta San Jacopo ont été ajoutées. Ensuite, nous nous sommes baladés à pied dans son centre historique. Visiter Lucques, c’est se plonger dans des petites ruelles exiguës fardées d’ocre jaune et rouge, ponctuées de piazze.
Cet endroit ressemble beaucoup au vieux Nice avec son dôme de la cathédrale Sainte Reparate
Celles-ci sont souvent agrémentées d’une église (90 églises en tout pour 89.000h) méritant véritablement le coup d’oeil ou d’une tour dans la perspective d’une via. L’essentiel de l’intérêt touristique de Lucca se tient dans le centre historique qui se parcourt en une journée.
On retrouve le plan romain largement orthogonal avec le corso maximus de la via Fillungo et son perpendiculaire decumanus de l’axe Via San Paolino, Via Roma, Via Santa Croce. Leur intersection se faisant sur la Piazza San Michele, véritable carrefour central de la città.
Dans ces villes italiennes, le médiéval est bien préservé..
Bien sur les deux places les plus populaires sont la Piazza dell’Anfiteatro et la Piazza San Michele. La Piazza dell’Anfiteatro est la place emblématique de Lucques ! Comme son nom l’indique, la Piazza dell’Anfiteatro occupe la place de l’ancien amphithéâtre romain de Luca (datant du IIe/Ier siècle avant JC).
Le vieux centre ville est constitué de petite placette comme celle çi
Tombé en ruine avec les invasions barbares, l’espace fut réaménagé en tant que “place” au Moyen Âge où elle faisait office de parlascio (lieu où se tenaient les réunions citoyennes). Puis, différentes constructions (dépôts, poudrière, prison…) furent érigées autour.
Fresque de la Basilique di san Frediano
On doit son aspect actuel à l’architecte Lorenzo Nottolini qui, au cours du XIXe siècle, a débarrassé la place pour lui redonner sa fameuse et caractéristique forme antique d’ellipse. Entièrement encerclée de bâtiments, on y accède par l’une des quatre portes.
La Piazza Anfiteatro de Lucca
Aujourd’hui, il s’agit d’une des principales attractions de la ville de par sa singularité et son charme tout italien. De nombreuses terrasses de cafés et restaurants se dressent sur l’espace ovale pavé.
On se dirige maintenant vers la Piazza San Michele située en lieu et place de l’ancien forum romain, la Piazza San Michele est historiquement la place principale de Lucca, croisée des chemins de la ville.
On y retrouve un condensé d’Italie avec une place entièrement pavée, entourée de bâtiments aux façades orangées et jaunes ou de briques rouges médiévales. Le bâtiment avec loggia et arcades est le Palazzo Pretorio (construit au XIVe et XVe siècles), originellement tribunal du Podesta.
Au centre, une statue, sculptée par Ulisse Cambi en 1863, représentant Francesco Burlamacchi, un homme politique lucquois. Mais évidemment, le monument essentiel de la piazza est son église éponyme, la Chiesa San Michele in Foro.
La création de l’édifice remonte au VIIIe siècle mais sa forme actuelle, de style roman, date du XIe et sa façade du XIIIe. Cet imposant plan vertical est caractéristique avec ses arcades sur 5 étages dont 4 niveaux en loggias, surpassant les 2 niveaux latéraux.
Nettoyage des rebords de la tour par de véritables funambules
Les touches de marbre rose et vert rappellent la Cathédrale de Florence. Un campanile se dresse sur la partie droite du transept. Vient ensuite pour finir la visite de Lucca, la Piazze Antelminelli et San Martino. Il règne ici des airs de place du village. Les bâtiments qui la bordent sont plus petits et espacés les uns des autres.
Chose peu fréquente sur les places italiennes, la plupart du temps intégralement minérales, la végétation y est visuellement présente avec quelques arbres émergeant du jardin du Palazzo Micheletti.
L'orgue de la cathédrale de San Martino compte 48 tuyaux
Au centre de la place, une fontaine, large, ronde, minimaliste. Cette place jouxte la Piazza San Martino. Néanmoins, la simplicité de ces deux places est contrebalancée par l’imposante architecture du Duomo di San-Martino (84 mètres de long, 27 de large et 27,5 de hauteur).
Savez vous que c’est le dialecte toscan qui a fait la langue italienne pour toute la péninsule …et bien sur Dante en est le Papa
Cette cathédrale a été édifiée du XIe siècle dans un style roman pisano-lucquois. Ainsi, la façade de marbre blanc, rose et vert, reconstruite au XIIIe siècle, rappelle celle de l’Église San Michele in Foro avec 3 étages en colonnade avec loggias, au-dessus d’un porche avec trois grandes arches.
Le "tempietto del Volto Santo" (petit temple du Saint Visage)
Au-dessus du portail gauche, deux bas-reliefs sculptés par Nicola Pisano. À noter que la façade n’est pas symétrique du fait du campanile médiéval antérieur (69 mètres de hauteur) dans lequel elle semble s’incruster. En effet, il manque quelques mètres à droite et l’arche latérale est ainsi plus petite que les deux autres.
Dommage d'avoir fait ces 2 villes sous la pluie. Surtout pour Pistoia car Soso est d'origine de cette ville.
DIAPORAMA PISTOIA & LUCQUES