Promenade dans le parc du Valentino
J’ai toujours entendu dire que Turin était une ville austère comme toutes les villes du nord et jusqu’a présent, je n’ai jamais eu l’envie de la visiter. Mais en cette période de covid (Aout 21) et vu la situation sanitaire, il n’est pas trop question de s’éloigner de la maison pour des longs courriers.
Les briques rouges caractéristiques des villes du nord de l'Italie ou de la France
Ça tombe bien Turin est proche de Nice. Tellement proche qu’elle fut avant l’annexion frauduleuse du comté à la France, sa capitale historique. Les « Savoie » ayant déplacé leur capitale Chambéry à la ville de Turin pour plus de sécurité et s’éloigner du royaume de France à l’appétit vorace et conquérant.
Les berges du Pô le roman de la Padanie
A priori, quand on pense à l’Italie, on ne pense pas forcément à Turin comme destination touristique. Et pourtant, on tombe immédiatement sous le charme de celle qui fut la première capitale de l’Italie unifiée de 1861 à 1864. Le guide vert Michelin la considère même comme l’une des cités les plus harmonieuses d’Europe.
Le château médiéval sur le bord du Pô
On profite de l’absence de maman qui est en maison de convalescence suite à une chute dans sa cuisine, pour souffler un peu et se changer les idées ailleurs. Pas bien longtemps, mais cinq jours suffiront à visiter la belle piémontaise.
Le Pô est considéré par certains comme un fleuve sacré au meme titre que le Gange, la Volga ou le Nil
La veille, je prépare la moto pour voir si tout est en ordre, et le lendemain matin à 7h, nous prenons la route direction Nice-Savona par l’auto strada via Imperia. Nice la capitale azuréenne est à 350 km de Turin par l'autoroute. Le temps magnifique va nous suivre jusqu'au bout.
Le borgo medievale dans le parc du Valentino
Torino (Turin) cette ville du nord du piémont est une cité imposante qui a su, comme Paris ou Vienne, maintenir sa noble élégance. Chargée d’histoire, riche d’architecture art nouveau et de magnifiques jardins, c’est une ville qui offre des surprises à tous les tournants.
Avec ses beaux palazzi du XIXe siècle, ses cours cachées, son imposant réseau d’arcades, ses fastueuses résidences royales, et les restructurations successives qui lui ont permis de dévoiler un nouveau visage depuis les Jeux olympiques de l’hiver 2006, Turin est devenue une ville tendance.
Le musée du Moyen Age
L'histoire de cette ville élégante et raffinée résonne entre un jardin romantique, un palazzo du XIXe siècle et une église somptueuse, entre un bicerin et un gianduitto. Il y règne une atmosphère royale, à découvrir d'un pas grave ou désinvolte. La richesse de sa vie nocturne, ses nombreuses rues commerçantes, l’agenda de ses festivals et la vitalité de ses quartiers multiculturels ont conquis de nombreux visiteurs qui tous n’ont qu’une envie, revenir.
La ville de Fiat s’est muée en capitale des arts et de la gastronomie. S’y côtoient avant-gardisme et grands classiques. Bref, Turin est devenue touristique et de nombreux (très) Français la visite. La première des visites que l’on fait en arrivant à Turin par l’autoroute de Savona ou de Cuneo est le Parc du Valentin, son château, son bourg médiéval et les berges du Pô.
Le borgo medevale
Nous garons la moto à l’entrée du parc sud ou de nombreuses places de parking sont offertes. A Turin, de partout dans les rues de la ville les stationnement avec les bandes bleues signalées au sol sont gratuites. Le parc est un lieu unique où les familles turinoises aiment se promener, faisant découvrir à leurs enfants l’espace magique de cet endroit au bord du Pô.
Le Pô, "Roi des fleuves italiens". C’est sur les rizières du Pô que la chanson mondialement populaire des Mondines « Bella Ciao » vu le jour
A chaque grande ville, son espace vert. Loin de la campagne, les citadins ont un besoin vital de verdure, de nature, un endroit où l’on peut s’éloigner pour quelques instants de la grisaille du béton. S’étendant sur 42 hectares, le Parc du Valentino est le poumon de Turin.
Le Pô traverse la ville de Turin
Même si son « concurrent », le « Parco della Pellerina », est deux fois plus grand, c’est le Valentino qui a les faveurs des citadins. Peut-être à cause de sa « Fontana dei Dodici Mesi » (fontaine des Douze Mois) ou à cause de son « Arco del Valentino », ou plus simplement pour la grande variété de plantes que l’on peut y trouver.
Quoiqu’il en soit, c’est un lieu chargé d’histoire, embelli au fil des siècles pour le plus grand plaisir des habitants de la capitale piémontaise. Nul ne sait avec exactitude à quand remonte la fondation d’un espace vert en cet endroit, en bordure du Pô, le fleuve traversant Turin.
Promenade dans le parc et ses jolies aménagements
Le nom du plus ancien parc turinois viendrait d’une antique chapelle paléochrétienne dédiée à Saint Valentin, martyr du IIIème siècle (et bien connu des amoureux), n’existant malheureusement plus aujourd’hui. La première mention de « Valentino » date du XIIIème siècle.
Sculpture urbaine, de Rodolfo Marasciuolo, d'un pêcheur avec une canne à pêche, un panier et un chat sur un banc du parc
Au XVIème siècle, le duc Emmanuel-Philibert de Savoie se fait construire un premier château du Valentino dans le parc. Il sera remodelé au siècle suivant par Christine de France jusqu’en 1660, quand l’édifice adopte sa forme définitive. Intégré aux autres résidences de la famille royale de Savoie, le Castello del Valentino est aujourd’hui patrimoine mondial de l’UNESCO.
..et des petits écureuils partout !
C’est actuellement l’un des sites de l’Ecole Polytechnique de Turin, dédié à l’Architecture. Quand au bourg médiéval que l’on voit au bord du Pô, il date de l’Exposition Générale Italienne de Turin, en 1884. Ce sont des constructions évocatrices de ce que pouvait être un quartier d’une ville piémontaise au XVème siècle.
Monument du duc Amedeo di Savoia
Utilisé comme un musée, les enfants de Turin viennent ici avec leurs professeurs pour en savoir un peu plus sur leur passé médiéval. Si le Bourg est une réussite, on le doit en grande partie à son architecte Alfredo d’Andrade, un portugais naturalisé italien, grand admirateur de l’architecture médiévale.
La fontaine la plus spectaculaire de Turin. Peut-être égale dans son impact à la fontaine de Trevi ou plus
Le bourg est attaché à sa forteresse médiévale des souverains piémontais qui fut construite avec les connaissances du XIXème siècle de la fin du Moyen Âge de la région. Très intelligemment, les autorités de l’époque voulaient un édifice réaliste et vivant, comme si on avait conservé à l’identique avec tous ses meubles une résidence seigneuriale.
Le sculpteur Cesare Biscarra est le petit-fils du peintre piémontais d'origine niçoise Giovanni Battista Biscarra qui a réalisé les statues de cette fontaine
C’est de la reconstitution comme j’aime, celle qui œuvre pour la pédagogie et l’accès à la connaissance la plus fidèle possible à l’Histoire. Le Valentino, comme le nomment simplement les turinois, reste aujourd’hui un lieu privilégié pour faire une promenade au bord du fleuve, loin de la circulation turinoise et de l’agitation de la ville.
Le château du Valentino
Après des kilomètres de marche à pied à la découverte de Turin, c’est une halte verdoyante bienvenue ! On le dit souvent, dans une ville moderne, on devine la qualité de vie des citadins à la qualité de ses espaces verts. Au moins de ce côté de la ville, les turinois n’ont pas à se plaindre… et les touristes venant du sud sont deja conquis par la ville.
Photo prise avec le smartphone de Soso
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C'est partit pour aller à l'hôtel.... on the road again !
DIAPORAMA VALENTINO