Sur les places, dans les rues vous assisterez parfois à des groupes de flamenco moyennant quelques pièces
L’Andalousie….Son soleil, ses patios fleuris, ses orangers, ses villages blancs hauts perchés sur leurs collines, son flamenco, ses tapas, ses bodegas… mais aussi son histoire et sa culture d’une richesse incroyable ! Voilà l’une des régions du monde avec la Toscane en Italie et la Riviera en France qui a été le plus magnifiée par le cinema et la culture internationale.
L’Andalousie se mue en une terre chaleureuse et nonchalante, bref : accueillante. Cette hospitalité est la racine profonde de la terre andalouse. Elle a donné son lait à un peuple homogène malgré ses origines multiples (maures, juives, catholiques, gitanes).
Bien souvent pour tout instrument on claque dans les mains et on chante
L’Andalousie, c’est tout cela et bien d'autres détails subtils: l’ombre des rues et l’ardeur des regards, la quiétude de l'après-midi et l'effervescence des ferias, la ferveur des processions et le goût acidulé des olives. Pour assouvir ce bel appétit de vivre tout en se rafraîchissant les idées, une bonne solution : tapas, manzanilla et flamenco.
Avec la chaleur, la gitane dansera jusqu'a épuisement..
Expression artistique née de la fusion du chant (cante), de la danse (baile) et de l’accompagnement musical (toque), le Flamenco intègre la liste des biens culturels immatériels reconnus par l’Unesco le 16 novembre 2010.
L’origine exacte du Flamenco reste cependant difficile à déterminer. Il faut se référer aux ouvrages littéraires pour découvrir des témoignages dont les premiers apparaissent au XVIIe siècle. Dans la « Gitanilla », Cervantès raconte l’histoire de « Preciosa » et de ses danses andalouses. En 1740, dans le manuscrit de « Bachillos Revoltoso », apparaît la petite fille de Baltasar Montes, le gitan le plus âgé de Triana. Elle danse pour les nobles de Séville.
Des instruments l’accompagnent. Sans nul doute, le flamenco est né en Andalousie, à la croisée des chemins entre Gitans descendant du nord et Gitans venant du sud. Chrétiennes, arabes, juives, les influences sont multiples mais le coeur de cet art bat avant tout au rythme des Gitans…
Après avoir quitté l’Inde, ce peuple de nomades arrive de part et d’autre en Andalousie en 1440. Ils donnent alors naissance à un art uniquement chanté mêlant les différentes influences artistiques, religieuses et culturelles rencontrées sur leur passage. C’est dans ce qu’on appelle le Triangle d’Or, formé de Séville, Cadix et Huelva que le flamenco trouve sa source.
En 1499, apparaissent les premières lois contre les Gitans et le nomadisme est considéré comme hors la loi. Aux XVII et XVIIIe siècles, leur langue est d’ailleurs interdite. Persécutés jusqu’en 1783 par la couronne d’Espagne et convertis au catholicisme, ils s’expriment en chantant dans les fêtes privées. La musique gitane andalouse est alors une tradition secrètement gardée ne se transmettant que de génération en génération.
La Casa de la Memoria soit disant le meilleur endroit de flamenco
Tel un baromètre sentimental oscillant entre peines et joies, l’expression de l’âme gitane transparaît au travers du flamenco. Le flamenco est assurément l’expression la plus pure du folklore andalou. On raconte que ses origines remontent à l’arrivée des gitans au XVe siècle dans la campagne de la province de Cadix, autour de Xérès, et à Séville. Vers le milieu du XIXe siècle, ce genre devint populaire grâce aux cafés-concerts.
Ce soir la, un chanteur, un guitariste et un danseur et une danseuse
Le premier de ces cafés-concerts a ouvert ses portes à Séville vers 1885, avant qu’ils ne se répandent en Andalousie et à Madrid. Jusqu’alors, le flamenco était resté cantonné aux réunions familiales ou à des fêtes particulières. À Séville, il est possible de profiter tous les jours de toute la splendeur de cet art en assistant à des représentations dans les tablaos flamencos, héritiers directs des anciens cafés-concerts, dans les associations des quartiers, dans des espaces thématiques, dans certains bars et, naturellement, lors de festivals comme la Biennale.
Le chanteur est aux portes du duende. C’est à dire un état de grâce proche de la transe et de l’envoutement
Les tablaos offrent chaque soir des spectacles de flamenco. Nous irons un soir assister à un spectacle flamenco à la Casa de la Memoria. Mais de mon avis personnel, cela ne vaut pas les 18€ par personne pour voir et écouter cette démonstration. Sur la place de Jerez ou la place de l’Espagne, on y trouve des démonstrations tout aussi intéressante pour les 2€ que l’on mettra dans le chapeau.
Un petit théâtre de 80 places
La Casa de la Memoria est un Centre Culturel de Flamenco situé tout proche du Metropol Parasol à Séville. L'emplacement se trouve dans l'ancienne étable de l'un des plus connus monuments de Séville: le Palacio de Lebrija, un palais du XVe siècle qui accueille aujourd'hui les meilleurs artistes (parait il ?) de flamenco..
On découvre la beauté et la passion du flamenco dans un cadre intimiste et unique avec le spectacle "tarde de Flamenco" avec vues sur le patio central typique de la somptueuse maison du 15ème siècle. Le spectacle "tarde de Flamenco" dans la Casa de la Memoria dure environ 1 heure et inclut quatre artistes: une danseuse, un danseur, un chanteur et un guitariste.
La salle est suffisamment petite pour qu'ils n’aient pas besoin de microphone, la musique se diffuse partout dans la salle. En tant que Centre Culturel Flamenco, la Casa de la Memoria organise également d’autres activités, parmi lesquelles on trouve des expositions de flamenco faisant partie du musée et sont abrités dans le même bâtiment.
En haut: des dames au quartier de Triana. En bas: des madrilènes à notre hôtel qui se préparent pour une soirée flamenco
Nous n’avons pas été très enthousiasmé, car je pense qu’il faut ressentir le flamenco et son âme à travers ses émotions. Le Flamenco se sent si profond, si fort ... qu’il touche votre âme, court dans vos veines et pénètre les os, les muscles, la peau ... il envahit l’ensemble de votre corps en vous faisant profiter d’une fantastique sensation au rythme des sentiments ». Nous n’avons pas eu se ressentit !
Des magasins de flamenco par centaine à Seville
La quintessence du Flamenco, l'essence du flamenco réside dans la dramatisation et la transmission d'émotions représentées tout au long du spectacle à travers l'expression faciale et corporelle des artistes.
Dans un bar du quartier de Triana, tout d'un coup des dames se lèvent et dansent le flamenco...elles ont du boire beaucoup de sangria ?
La danseuse avait ce regard fixe et pénétrant. Bras tendus, tête inclinée, son corps s’étirant vers le ciel. La robe à volants de la danseuse subit les mouvements saccadés de ses bras et de ses talons piétinant frénétiquement le sol. Sans lui adresser de véritable regard, le cantaor la suit avec une voix chevrotante. Il déroule sa complainte et l’envoûte au claquement de ses « palmas » (claquements de mains).
Sur la place de Jerez entre 15h et 18h des danseuses viennent pour quelques pièces danser le flamenco
A ses côtés, une pluie de notes sort de la guitare du troisième compère. Elle danse une siguiriya (déformation de seguidilla), la quintessence du chant flamenco; elle renferme toute la tragédie humaine, la solitude, l'angoisse et le désespoir. Elle finit son spectacle en sueur et haletante. Visage détendu, colère expiée, elle retrouve le sourire qu’elle partage avec son public. Son long visage surmonté d’un haut chignon, a quelque chose de Maria Callas…..ouf, c’est fini !
Le Flamenco n’a pas attendu la reconnaissance de l’Unesco pour se répandre à travers le monde. De l’Amérique Latine à l’Asie, de nombreuses académies ont été ouvertes. Autrefois considéré comme vulgaire, il s’agit aujourd’hui d’un art prisé, un diamant à l’état brut que les puristes veillent tant bien que mal à préserver de toute érosion.
En haut: On apprend à faire des claquettes et à taper du pied. En bas: Sur la place de l'encarnacion le soir les gens dansent devant la Taberna du même nom
On peut dire que le flamenco touche tous les publics chacun pouvant y trouver l’écho de ses émotions, joie ou tristesse, exaltation ou méditation. Il reste aussi une source toujours actuelle d’inspiration pour compositeurs, écrivains et peintres et bien sûr chorégraphes… Pour mon compte, rien ne vaut Jim Morrison et les Doors. Oui je sais, ce n’est pas tout à fait la même chose.
L'Espagne comme l'Italie sont des pays méditerranéens et il y a toujours de l'ambiance...
DIAPORAMA FLAMENCO